Enthousiasme

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EDITORIAL« Entraîner les équipes dans un projet commun. »

Yves Puget
Yves Puget©Bernard Martinez

Bonne année 2012 ! Depuis quinze jours, cette petite phrase est maintes fois rabâchée en espérant que les voeux finiront par s'exaucer. Car les Français ont le moral dans les chaussettes. Pire, ils sont les champions du monde du pessimisme. Sur ce terrain, ils devancent même l'Irak et l'Afghanistan ! Malheureusement, les incantations de janvier ne suffiront probablement pas à inverser la tendance. 2012 s'annonce comme une année difficile et... d'élection présidentielle. Beaucoup d'experts, d'analystes et de politiques égrènent leurs certitudes, et peu délivrent leurs solutions. Dans la réalité, rares sont ceux qui savent à quoi ressemblera l'économie mondiale dans les mois à venir. Même au « petit » niveau de la consommation française, il paraît bien délicat de tirer des plans sur la comète. Qui l'emportera dans six mois, entre les MDD et les marques nationales ? La proximité conservera-t-elle son dynamisme ? Le hard-discount fera-t-il un retour en force ? Une petite éclaircie favorisera-t-elle le retour en grâce du non-alimentaire ?

Ces questions demeurent sans réponse. D'autant plus qu'un événement géopolitique ou la faillite d'une banque entraînerait des heures sombres, alors qu'une météo propice relancerait la consommation, tout comme un exploit des Français à l'Euro de football en juin ou aux jeux Olympiques de Londres en août. Autant d'éléments qui échappent aux plans stratégiques et à l'élaboration des budgets...

Reste la certitude qu'il faut et faudra travailler autrement. Avec des pressions économiques, sociétales, juridiques, managériales ou technologiques de plus en plus fortes, il est illusoire de croire que les bonnes vieilles méthodes vont perdurer. Il faut s'y faire : tout va de plus en plus vite et les bons résultats ne s'obtiennent qu'à condition d'aller les chercher... Car si l'on quitte quelque temps les panels et les sondages, si l'on ne se contente pas de regarder, hagard, les moyennes, on s'aperçoit que des entreprises gagnent encore des parts de marché, qu'elles affichent toujours de la croissance et qu'elles touchent plus que jamais ce Graal qu'on appelle les bénéfices.

Non, toutes les sociétés ne sont pas dans le rouge et tous les entrepreneurs et managers ne broient pas du noir. Mieux encore, certains sont persuadés que la sortie de crise bénéficiera à ceux qui se « bougent ». À ceux qui, tout en serrant leurs budgets et en traquant les gains de productivité, veulent toujours et encore innover. À ceux qui ont cette capacité à entraîner leurs équipes dans un projet commun.

Voilà pourquoi, sans minimiser les multiples plans sociaux, les petites ou grandes faillites, le manque de fonds propres, l'absence de fluidité bancaire ou les kyrielles de taxes qui plombent le pouvoir d'achat, il convient non seulement de garder le moral, mais aussi de créer les conditions de l'enthousiasme. Tout bon médecin le sait : les malades qui guérissent le mieux sont ceux qui se persuadent qu'ils vont s'en sortir. Alors certes, la consommation est quelque peu grippée. Mais plus que la sinistrose ou la méthode Coué, les dirigeants, les managers et équipes ont surtout besoin d'une bonne dose d'optimisme. Tel est le voeu que nous formulons pour tous nos lecteurs.

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Article extrait
du magazine N° 2210

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