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Epicery sera-t-elle la réponse des petits commerces alimentaires face à Amazon ?

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Lancée vendredi 14 octobre 2016, la plateforme Epicery propose la livraison en moins d’une heure de produits alimentaires disponibles chez les commerçants parisiens indépendants. Une véritable arme "anti-Amazon" selon les termes des fondateurs de la start-up, qui souhaitent également se différencier des (nombreux) nouveaux acteurs de la food delivery... Explications.

A La Maison Julhès, préparation d'une commande effectuée et payée sur Epicery.com.
A La Maison Julhès, préparation d'une commande effectuée et payée sur Epicery.com.© Epicery

Comment commander en ligne un Saint-Félicien de qualité, une bonne bouteille de Moulin-à-vent ou encore une mangue bien mûre chez son commerçant de quartier ? C'est impossible... ou du moins ça l'était, jusqu'à aujourd'hui. Face à des consommateurs actifs, pressés et pourtant soucieux de ce qu'ils ont dans leur assiette, Epicery lance une offre inédite répondant à ces problématiques via le digital. "Aujourd’hui, il faut arbitrer entre le plaisir de s’offrir des produits frais de qualité pour cuisiner, et l’accessibilité en énergie, en temps et en moyen. Résultat : 70% des frigos sont vides de produits frais le mercredi", rappelle Edouard Morhange, co-fondateur d’Epicery. Ce passionné du bien-manger, passé par la Jamie's Food Revolution, s’est associé avec Elsa Hermal pour lancer le site Epicery.com, en test depuis le mois de juin 2016. Particularité de cette nouvelle plateforme de food delivery : proposer aux consommateurs les produits alimentaires disponibles chez les commerçants de leur quartier, et livrés à domicile en moins d'une heure. Boucheries, poissonneries, pâtisseries, fromageries, primeurs ou épiceries fines, le site référence 150 commerces disposant pour chacun d’une offre de 100 à 200 références, des produits frais comme secs, tous élaborés chez des producteurs réputés. Parmi eux, d’incontournables institutions parisiennes (Julhès, Terrois d’Avenir, Quoniam), plusieurs Meilleurs Ouvriers de France (Buirette, au Petit Chalutier), ou de nouvelles générations d’épiciers comme Berrie, Le Garde-Manger des Dames.

Simplifier l'acte d'achat du consommateur et la digitalisation du commerçant

Epicery fonctionne à la manière d’une marketplace. L’utilisateur commence par renseigner son adresse afin de connaître les commerces proches de son domicile, c’est-à-dire situés dans un rayon de 3 kilomètres, puis il visualise leurs catalogues. Il ajoute ensuite les références à son panier, puis le délai de livraison, dans l’heure ou dans un délai jusqu'à trois jours. Il paie ensuite son achat en ligne. Le panier peut-être multi-commerces, pour un coût de livraison pouvant tout de même grimper jusqu’à 7,80 euros. Pour une livraison de produits provenant d’un seul commerce, compter 3,90 euros. Un prix qui peut apparaître assez élevé mais, pour les fondateurs, "gage d’un service de livraison de qualité". Epicery s’adresse, on l’aura compris, à une cible connectée, active et urbaine, soucieuse de gagner du temps autant que de manger des produits de qualité. Mais la start-up se défend de proposer une offre élitiste. "Si l’on n’est pas dans la guerre des prix, notre offre cible clairement les familles avec une gamme de produits alimentaires du quotidien aux mêmes prix qu’en magasin", nuance Elsa Hermal. Pour le consommateur, le dispositif vise ainsi une simplification de l’acte d’achat à un prix inchangé.

Pour le commerçant, les avantages sont multiples. Le premier, c’est la possibilité d’être référencé en ligne et ce sans budget ni temps dédiés. "Nous mettons gratuitement à disposition du commerçant une tablette qui lui permet de piloter ses stocks et mettre à jour ses prix", explique Edouard Morhange. Epicery s’occupe également de la réalisation des photos de produits et se positionne comme expert logistique puisqu’il gère la livraison via un partenariat noué avec Stuart. "Notre dispositif permet également d’agrandir la zone de chalandise du commerçant à 3 kilomètres, alors qu’il touche habituellement des clients dans un rayon d’un kilomètre seulement", ajoute Elsa Hermal. Une solution clé-en-main pour en quelque sorte digitaliser de manière simple les commerces. Nouveaux clients, canal de vente supplémentaire, gain de visibilité pour des petits commerçants qui n’ont que peu ou pas d’existence digitale… "Le site ne remplace pas le commerçant mais lui offre un nouveau canal de distribution", résume la jeune-femme. Le panier moyen s’élève pour le moment à une cinquantaine d’euros, avec 6 à 7 références.

Inventer l’épicerie multiservices

Soutenue et financée par Xavier Niel, Marc Ménasé (Menlook), Benjamin Chelma (Stuart) ou encore Michael Benabou (vente-privee.com), Epicery se positionne comme une arme anti-Amazon via son service de livraison rapide mais avec une offre premium. "Là où Amazon propose une offre industrielle disponible en supermarché, nous nous positionnons sur une offre de marché de qualité et de quartier", poursuit Edouard Morhange. La start-up souhaite également prendre ses distances avec les autres acteurs de la food delivery, qui "ne proposaient pas encore leurs services aux commerces de proximité. C’est véritablement une nouveauté en termes d’offre", explique le fondateur. Pas d’offre de restauration (Deliveroo, Foodora), ou d’offre traiteur (La Belle Assiette), pas de stock à gérer, pas de flotte à organiser : Epicery agit finalement plus comme une fédération digitale que comme un nouvel acteur de l’offre alimentaire en ligne. Une différence qui sera peut-être la clé du succès.

Visant "une croissance saine", allusion à peine voilée à un récent échec retentissant de la food delivery, Epicery affiche pourtant de fortes ambitions. Elle souhaite se déployer dès 2017 dans d’autres grandes villes françaises et même européennes, doubler le nombre de commerces disponibles sur sa plateforme d’ici la fin de l’année et proposer à long terme des services disruptifs, comme la possibilité de livrer les clients en dehors des horaires d’ouvertures des commerces ou encore un service de click and collect 24h/24… Et même, qui sait, un mode de livraison par piéton, "peut-être le mode le plus pertinent sur une courte distance", expliquent les entrepreneurs. Elle dispose naturellement d’un site responsive, et une application compatible iOs devrait être lancée dans les prochains jours. Pour se rémunérer, la start-up perçoit une commission de 25% sur le volume d’affaires réalisé par le professionnel, libre de se désengager de la plateforme s’il le souhaite. Mais pour séduire les commerçants, Epicery promet de leur faire augmenter leur chiffre d’affaires de 30%. En remettant le commerce de proximité au cœur des nouvelles attentes des consommateurs, la promesse d’Epicery apparaît cependant bien plus large : réinventer la notion même d'épicerie de quartier.

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