Eric Plat (FCA) s'inquiète des effets de la loi Macron sur les magasins saisonniers

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LÉGISLATION - LOIS Le président de la Fédération du commerce associé estime que le débat sur la loi Macron ne porte pas suffisamment sur les risques qu'encourent les magasins situés dans les zones touristiques saisonnières, qui devront offrir des compensations salariales lorsqu'ils ouvrent le dimanche. Jusqu'alors, ils n'y étaient pas contraints. L'impact des nouvelles charges sociales n'a pas été mesuré, mais la mesure serait "coûteuse et dangereuse pour l'emploi". 

Le président du commerce en réseau veut une baisse des charges pour les magasins en zone touristique
Le président du commerce en réseau veut une baisse des charges pour les magasins en zone touristique

Eric Plat (FCA) :  «On ne parle pas assez des zones touristiques saisonnières pour l’ouverture du dimanche »

 

LSA : Que vous inspire le débat entre Martine Aubry et Anne Hidalgo, et le gouvernement sur l’ouverture du dimanche ?

Eric Plat : C’est une querelle bien francaise entre les anciens et les modernes. La majorité des Français est favorable à l’ouverture du dimanche, il y a déjà un grand nombre de  Français qui travaillent le dimanche et qui y sont favorables. C’est un combat d’arrière-garde et nous ne pouvons que compter les points entre les personnalités qui adhérent pourtant au même parti. Je constate qu’il serait dommage que pour des raisons de posture politique nous passions à côté d’une activité qui répond aux besoins des touristes et qui génère de l’emploi. Nous ne croyons pas que les Français consommeront plus avec l’ouverture du dimanche, en raison de la baisse du pouvoir d’achat, mais les touristes étrangers, oui !  De plus certains magasins physiques doivent pouvoir répondre aussi au commerce sur internet qui ignore les dimanches. Il faut laisser aux commerçants la liberté d’ouvrir quand ils le souhaitent.

LSA : La loi Macron sur l’ouverture vous convient-elle en l’état ?

Eric Plat : oui et non, des choses vont dans le bon sens  - l’augmentation des ouvertures pour lesquelles nous n'étions pas demandeur, ne va pas forcément dans le mauvais sens – mais nul ne s’inquiète des dispositions prises pour les magasins dans les zones touristiques saisonnières, qui se comptent par milliers, dans les stations de sports d’hiver et sur le littoral. Le projet de loi Macron va bousculer leur modèle économique et certains magasins de sport, de vêtements, d’optique n’y résisteront pas. Car il prévoit que toute ouverture le dimanche fasse  l’objet de compensations salariales, ce qui n’était pas le cas jusqu’à présent. Ces périodes d'ouverture sont courtes et nécessitent des investissements qu'il faut amortir sur quelques mois. C’est une mesure coûteuse et dangereuse pour l’emploi et l'investissement. Nous demandons que le gouvernement, s’il adopte cette mesure, baisse d’autant les charges sociales sur le dimanche. On ne parle que du projet des zones touristiques internationales qui fait débat, mais on oublie ce débat qui concerne des milliers d'emplois. Or, l’impact de la mesure sur les zones touristiques saisonnières sera beaucoup plus élevé si les textes restent en l'état, car elle concerne tous les réseaux et tous les types de commerce. On pourrait croire que réforme après réforme l'Etat s'ingénie à créer de nouvelles lois intéressantes au demeurant, mais sans en évaluer les dommages collatéraux engendrés sur les situations actuelles.

LSA : Les dispositions concernant les zones commerciales vous paraissent-elles plus acceptables ? Le projet d’Emmanuel Macron refuse leur extension…

Eric Plat : le gouvernement aurait dû abandonner son approche sectorielle, pour se focaliser sur les zones géographiques. Ce n’est pas ce que prévoit le projet de loi. Il faudrait abandonner le système des dérogations et laisser la liberté à tous les magasins du non-alimentaire d’ouvrir dans les zones commerciales prévues, comme ils le veulent. Les Français veulent pouvoir acheter leurs plantes dans une jardinerie le dimanche, ou aller dans un magasin de bricolage, ou de sport. Pourquoi des magasins pourraient ouvrir et d’autres pas ? Ce système pose d’énormes problèmes, alors qu’ils ne se posent pas aux magasins alimentaires qui peuvent ouvrir tous les dimanches jusqu’à 13 heures, ce qui nous paraît bien et suffisant. Il faut également pouvoir anticiper des assouplissements des zones commerciales. Pourquoi pourrait-on vendre librement le dimanche sur un côté de l’autoroute, et pas de l’autre côté ? C’est absurde…

LSA : Les maires réclament de pouvoir maîtriser les dates des ouvertures pour organiser l’animation de leur cité. Et vous étiez vous-même contre des soldes flottants en ordre dispersé, dont vous avez obtenu la suppression. Leur souhait n’est-il pas fondé ?

Eric Plat : les soldes flottants et l’ouverture du dimanche n’ont rien à voir ! Dans le premier cas, créer de véritables temps forts commerciaux à dates fixes pour des soldes sont bien plus pertinents pour les commerçants et leurs clients. Ce n’est pas le cas pour l’ouverture des dimanches. Le temps fort des magasins de jouets est avant les fêtes de Noël, pour les jardineries, c’est au printemps et en automne, et moins à Noël, et chaque profession a ainsi son tempo.  Que la puissance publique laisse les commerçants choisir en fonction du bon sens ! Nous subissons une vision colbertiste, centralisatrice, éculée. La puissance publique veut s’occuper de tout alors qu’elle devrait concentrer son action sur les pouvoirs régaliens de l'Etat. En matière de gestion des affaires publiques on voit où cela nous a mené ! Elle devrait laisser les commerçants s’occuper du commerce. Les 12 dimanches prévus dans le projet de loi – le chiffre nous convient – doivent être librement choisis, sans avoir à obtenir l’autorisation des maires. 

Carnet des décideurs

Manuel Lefevre

Manuel Lefevre

Président du conseil d'administration et dirigeant de la société France […]

Christophe Lemesle

Christophe Lemesle

Président du groupe KRYS
Administrateur au conseil d'administration de la Fédération […]

Philippe Lebreton

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Membre du conseil de la SAS des Mousquetaires
Administrateur au conseil d'administration […]

Alain Bertheuil

Alain Bertheuil

Président du groupement de pharmaciens Astera
Administrateur au conseil d'administration […]

Gilbert Osmin

Administrateur de Synalia
Administrateur au conseil d'administration de la Fédération […]

Pierre Salles

Pierre Salles

Président de Best Western France
Administrateur au sein de la Fédération des […]

François-Xavier de Boüard

François-Xavier de Boüard

Administrateur au sein d’AS Voyages
Administrateur au sein de la Fédération des […]

Yves Martin-Delahaye

Yves Martin-Delahaye

Président du directoire de Gedex
Administartion au Conseil d'Administration de la […]

Jean-Pierre Dry

Jean-Pierre Dry

Président-directeur général de l’enseigne Passion Beauté
Administrateur au sein […]

Eric Holzinger

Eric Holzinger

Directeur général d’EK France
Administrateur au conseil d'administration de la […]

Guy Leclerc

Guy Leclerc

Président de la Fédération des enseignes du commerce associé (FCA) de 2006 à 2014

Miguel Jonchère

Président-directeur général de Scaouest
Administrateur au conseil d'administration […]

Didier Papaz

Président-directeur général d'Optic 2000
Administrateur au conseil d'administration […]

Jean Leroyer

Jean Leroyer

Vice-président de Système U Ouest et président de la société financière Expan U
[…]

Eric Plat

Eric Plat

Président-directeur général d'ATOL
Président de la fédération des enseignes du […]

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