Erreurs de prix: des dysfonctionnements avant tout

|

Depuis 24 heures, la presse ne cesse de commenter la dernière étude de la DGCCRF sur la concordance des prix entre les gondoles et les caisses. Parfois, les jugements sont justes et de temps en temps, ils sont surnaturels. Certains allant jusqu’à proclamer que 54% des prix payés en caisses sont faux !

La rédaction vous conseille

De quoi s’agit-il ? Sur 1.269 établissements de la grande distribution, essentiellement à dominante alimentaire, contrôlés par la répression des fraudes, "des anomalies (sur les prix) ont été constatées" dans 54% des magasins. Dans les supermarchés épinglés, "le prix facturé était différent du prix affiché pour 7% des articles ayant été contrôlés. Et les les erreurs étaient défavorables aux consommateurs dans six cas sur dix. Lors d'une précédente enquête menée en 2008, 52% des établissements étaient en infraction, avec légèrement plus de produits présentant des erreurs (7,5%). 

Cette étude ne démontre donc en rien une explosion des erreurs de prix et ne permet absolument pas d’en déduire que les distributeurs se servent de cette pratique pour arnaquer les consommateurs et augmenter leurs marges. En 2007, GS1 France arrivaient d’ailleurs plus ou moins au même constat puisque le taux de non conformité était alors estimé à 5,5%. Mais surtout, on apprenait dans cette étude que ce taux était de 4,1% pour le fond de rayon et de 7,2% pour les mises en avant. Autrement dit, la DGCCRF, comme GS1 en son temps, dresse un constat juste. Il existe encore trop d’écarts entre les prix affichés aux caisses et ceux réclamés en caisses. Mais ce résultat ne provient pas, comme certains le sous-entendant, d’une recherche de marges de la part des distributeurs (d’ailleurs dans 4 cas sur 10, donc quasiment la moitié, le bénéfice est en faveur des clients!), mais de la complexité du métier avec un grand nombre de références (plus de 15 000 en PGC dans certains hypers), avec des systèmes promotionnels complexes et des promotions de plus en plus nombreuses. Il s’agit donc bel et bien de dysfonctionnements, qu’il faut naturellement combattre. Mais de là à affirmer que les enseignes en profitent pour "arnaquer" leurs clients, il y a un pas que certains franchissent beaucoup trop vite. Encore une preuve de la mauvaise image de la grande distribution...

 

Yves Puget

 

 

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter