« Est-il normal que les bouteilles végétales soient surtaxées? » Raphaël de Taisne (Yumi)

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Yumi, créée en 2014 par Raphaël de Taisne et Louis de Bentzmann, est une start-up qui se développe à vive allure. Elle vend ses jus riches en légumes, à la fois bio et pascalisés (un procédé de conservation qui ne chauffe pas les aliments mais les met sous haute pression pour tuer les bactéries pathogènes mais conserver les qualités organoleptiques et nutritionnelles des jus) sur son site internet, dans la distribution spécialisée (Biocoop, Naturalia et les Nouveaux Robinson), mais aussi dans sa boutique (rue du Château d’Eau, Paris Xème).

Raphaël de Taisne, co-fondateur de Yumi, start-up de jus de légumes frais, bio et pascalisés.
Raphaël de Taisne, co-fondateur de Yumi, start-up de jus de légumes frais, bio et pascalisés.© S Leboulenger

Dans le souci de proposer des produits les plus éco-responsables possibles, toutes les bouteilles Yumi vendues sur son site et en boutique sont à 100% issues d’origine végétale. Un choix dont le coût est bien supérieur à celui des bouteilles en plastique ou en R-PET. Un choix engageant, qui respecte les principes portés par Brune Poirson, secrétaire d’Etat au ministère de la Transition écologique ainsi que par Nicolas Hulot, ministre. Cependant ce choix n’est pas récompensé, selon Raphaël de Taisne, co-fondateur de Yumi avec Louis de Bentmann. Voici ses explications.

 "Nous utilisons une bouteille fabriquée à 100% en résidus de bagasses de canne à sucre car nous voulions que toute notre démarche soit éco-responsable. Nos bouteilles, carrées pour optimiser les palettes (les bouteilles rondes prennent plus de place car elles laissent du vide, NDLR), sont produites dans une entreprise française, Lyspackaging. Elles sont compostables puisqu’issues à 100% d’un végétal et coûtent 70% plus cher qu’un contenant équivalent issu du pétrole. Ce surcoût, nous l’avons fait valider par nos clients. Sur notre site, nous avons demandé à nos Yumivores s’ils étaient prêts à payer un peu plus cher leur Yumi si la bouteille était verte, au sens écologique du terme : 86% d’entre eux ont validé notre démarche. Elle a donc du sens pour ces citoyens.

Le gros problème, c’est qu’en France, au lieu de pousser la filière de compostage industrielle qui a pris beaucoup de retard par rapport à nos voisins belges, britanniques ou allemands, l'ADEME et Eco-Emballages (Citéo) surtaxent les alternatives au plastique ! Nous avons reçu un appel d’Eco-Emballages qui considère que – je cite – « nos produits sont des perturbateurs de recyclage et, que, à l’instar des sacs de caisse issu du maïs, nous allions devoir payer une taxe majorée de 100% par rapport au plastique ». Cette annonce m’a mis en colère car elle met à mal tous nos efforts – et ils sont lourds à supporter pour une jeune pousse comme la nôtre – pour agir de façon responsable pour l’avenir de notre planète. Pire, notre initiative, loin d’être encouragée, est récompensée par un doublement de la taxe de recyclage des emballages plastique. "

 

 

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