Et les inaugurations de centres commerciaux reprennent !

|

Après Lillenium dans le Nord et Mon Grand Plaisir à l’ouest de Paris, fin août, Steel sera inauguré à Saint-Étienne, mi-septembre, dans un contexte économique et politique guère favorable à la création de centres commerciaux. Mais les promoteurs fourbissent leurs arguments.

La crise du Covid-19 avait tout gelé au printemps, mettant en suspens l’achèvement des centres commerciaux en chantier. Fin août a sonné l’heure de la reprise avec deux inaugurations à deux jours d’intervalle. Lillenium a en effet ouvert le 25 août à Lille, suivi de Mon Grand Plaisir – jusqu’ici connu comme projet Open Sky Plaisir –, le 27 août, sur la zone de Plaisir/Les Clayes-sous-Bois (78).

À eux deux, ils totalisent plus de 95 000 m² d’équipements mixtes, majoritairement dédiés au commerce. Et le 16 septembre s’ajouteront les 70 000 m² de l’ensemble Steel de Saint-Étienne !

Pression gouvernementale

Est-ce bien raisonnable d’élever toutes ces surfaces neuves, quand, au malaise du commerce, déjà fragilisé par les mouvements sociaux de 2018-2019, s’ajoutent les incertitudes liées à la pandémie ? Et que le Premier ministre, Jean Castex, intensifie la pression avec son projet de loi instaurant un moratoire sur la création de surfaces commerciales, prôné par la Convention citoyenne sur le climat, en encourageant les préfets à user de tous les recours possibles ! Certes, il n’était plus question de faire machine arrière dans le lancement de ces grands paquebots, projetés depuis 2012 à Plaisir, et… dès 2003 à Lille, avec financements, gros œuvre et partenaires engagés à la clé. Mais les patrons de Vicity et FAE/2Ima, promoteurs de Lille­nium, et celui de Compagnie de Phalsbourg, pour Mon Grand Plaisir, ont d’autres arguments pour justifier leurs réalisations.

Leurs positions peuvent même se résumer ainsi : installer des commerces reste défendable dès lors qu’on le fait sur les zones déjà loties ou sur celles qui en sont totalement dépourvues. Lille­nium répond à cette seconde condition. « La crise n’a rien changé, soutient Dan Ohnona, directeur général de FAE/2Ima. Il y avait un vrai besoin d’équipement sur le quartier de Lille Sud. Il rassemble 130 000 habitants, subissant jusqu’ici un taux d’évasion de 96 % vers la périphérie de la ville. »

À l’inverse, Compagnie de Phalsbourg (ré)investit sur la zone de Plaisir/Les Clayes-sous-Bois, premier pôle commercial de l’Ouest parisien totalisant 175 000 m², avec le centre Auchan Plaisir, Ikea, l’outlet One Nation… Et deux retail parks, Alpha Park I et II. La foncière a « gommé » l’ancien site blockhaus de Plaisir Sablons, datant des années 80, pour installer un ensemble architecturé associant un retail park et une galerie ­surélevée au-dessus de parkings. « Cette restructuration est exemplaire et parfaitement en phase avec les propositions de la Convention citoyenne sur le climat, puisqu’elle intervient sur une aire urbaine déjà artificialisée », déclare Philippe Journo, président de Compagnie de Phalsbourg. Ce qui est aussi le cas de Lillenium, élevé sur une ancienne friche de la SNCF.

La ville du quart d’heure

L’autre procès fait aux développeurs de centres est de dupliquer les offres et d’affaiblir ainsi les commerces déjà en place. « Notre équipement satisfait la quête d’hyperproximité résumée par l’idée de la “ville du quart d’heure”, mettant l’offre à portée de marche des riverains, répond Raphaël Abitbol, président de Vicity. Ils vont disposer non seulement d’un hyper E. Leclerc intra-urbain et d’une trentaine de concepts commerciaux inédits à Lille, mais aussi d’offres culturelles avec la Cité des Enfants, l’Espace culturel E. Leclerc, et d’équipements sportifs avec Basic Fit. Et d’ici à début 2022, d’un cinéma Pathé de 15 salles. » De même, sur le site Mon Grand Plaisir, à l’exception de H & M, Zara et Kiabi, la plupart des enseignes sont nouvelles, dont les très courues Primark et Action.

Enfin, ni l’un ni l’autre site ne sont exclusivement dédiés aux commerces. Lillenium intègre un hôtel et 4 200 m² de bureaux. Et Mon Grand Plaisir sera complété, en plus d’un multiplexe UGC 9 salles en 2021, de la médiathèque de Plaisir en 2022. 

25 août : Lillenium (Lille, 59)

Ce centre comble une vraie carence commerciale. Celle du quartier de Lille Sud, riche de 130 000 habitants, 32 000 salariés et les 55 000 étudiants, à ce point dépourvus d’équipement que l’évasion commerciale vers l’offre de périphérie atteignait 96 %.

Opérateurs : Vicity, FAE/2Ima

  • 56 200 m² de commerces et de loisirs
  • 100 boutiques, kiosques et restaurants, 20 points de restauration
  • 1 hyper E. Leclerc (5 000 m² de vente)

Source : Vicity

27 août : Mon Grand Plaisir (Les Clayes-sous-Bois, 78)

Ce centre réhabilite une ancienne emprise commerciale sur la zone de Plaisir/Les Clayes-sous-Bois, premier pôle d’activité de l’Ouest parisien. Un retail park et une galerie architecturés et ouverts remplacent l’ancien « blockhaus » des années 80.

Opérateur : Compagnie de Phalsbourg

  • 39 000 m² GLA dont 18 000 m² de surface de vente
  • 30 magasins, dont Primark, Action, Normal, H & M, Zara, Kiabi et Chaussea, et 13 restaurants

Source : Compagnie de Phalsbourg

16 septembre : Steel (Saint-Étienne, 42)

Situé le long de l’A72 et à la principale entrée de la cité stéphanoise, Steel s’annonce en « concept d’entrée de ville référent sur les plans urbain, commercial et expérientiel ».

Opérateur : Apsys

Source : Apsys

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2617

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous

X

Recevez tous les quinze jours l’actualité des centres commerciaux et foncières, surfaces commerciales, artères commerçantes et centres-villes.

Ne plus voir ce message