ET SI...

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EDITORIAL"RETROUVER DE LA FLEXIBILITE, DE L'ELAN COMMERCIAL"

Le groupe Carrefour remet son organisation à plat (lire pages 18 à 21) et redonne du pouvoir à ses enseignes. À l'amorce des négociations 2006 et en plein traumatisme de la réformede la loi Galland, certains rétorquent déjà que le moment est mal choisi. Ils y voient au mieux la fin de la fusion Carrefour-Promodès, au pire la énième réforme. D'autres observateurs se veulent résolument plus optimistes. Plus que le simple changement d'un organigramme, ils perçoivent une forte évolution organisationnelle et même stratégique.

Et si...les acheteurs retrouvaient enfin les bases de leur métier. Ils ne chercheraient plus à accumuler des marges arrière et se mettraient tout bonnement à négocier au plus juste le meilleur assortiment pour les points de vente. Ce qui revient à dire que les centrales sont au service des magasins et non l'inverse.

Et si...les enseignes affichaient enfin clairement leur identité. Responsables de leurs achats et de leur marketing, elles ne singeraient plus les autres chaînes de leur groupe. Ce ne serait ni plus ni moins que la fin des magasins gigognes et le déclin des synergies multiformats.

Et si... le marketing s'occupait enfin des points de vente. Laissant de côté ces analyses trop fines en centrale pour être pertinentes sur site et abandonnant des opérations trop complexes pour être rentables. Un retour du marketing terrain au détriment du marketing de siège. Les bonnes vielles animations (loteries,prospectus,anniversaires...) prenant le pas sur les nouveaux instruments promotionnels, ces remises en cascade qui perturbent la vision réelle des prix.

Et si...les magasins se tournaient enfin vers les consommateurs. Les chefs de rayon retrouvant un peu de liberté pour bien achalander et donc mieux vendre, voire fixer des prix de vente.Car, finalement, ce sont eux qui côtoient quotidiennement leurs clients et se frottent à la concurrence.

Voilà pourquoi des observateurs se veulent résolument optimistes. Car après les années90 et leurs excès de centralisme, les distributeurs, surtout les intégrés, s'aperçoivent enfin que si les gains de productivité proviennent du siège, le dynamisme se trouve du côté des points de vente (et encore plus avec la réformede la loi Galland). L'équilibre doit être trouvé entre l'inexorable besoin de centraliser pour réduire les coûts (de fonctionnement et d'achats) et l'impérieuse nécessité de doper le trafic et donc les ventes en retrouvant dela flexibilité et de l'élan commercial. Voilà pourquoi certains, chez Carrefour mais aussi ailleurs, se mettent à espérer. Mais avec des si...
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