Et si le crowdfunding était la fausse bonne idée du commerce

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Le financement participatif, une bonne idée sur le papier. Mais peut-être pas du tout adaptée aux besoins réels d’entreprises commerciales...

Crowfunding

Sur le papier, l’idée est séduisante. Vous avez une idée, un projet d’entreprise commerciale. Problème: la mise de départ est trop importante et les banques sont frileuses. Pourquoi ne pas se tourner vers le grand public. C’est la définition du crowdfunding, soit littéralement financement par le public. Les donateurs deviennent alors actionnaires de l’entreprise nouvellement créée. Sur Kickstarter, le site de crowdfunding le plus connu, les exemples ne manquent pas. Tapez "Retail" dans le moteur de recherche du site et vous obtenez pas moins de 109 résultats. Cela va du système de paiement sur smartphone au Shoe truck, un camion itinérant vendeur de chaussures en passant par Threadmason, une appli de vente de T-shirt sur-mesure... Les idées sont nombreuses et souvent originales. Mais en France aussi, le crowdfunding a la cote. Selon Fleur Pellerin, la ministre en charge du numérique, "depuis 2008, 60.000 projets ont été financés par le crowdfunding, soit 40 millions d'euros levés, et ce marché a doublé entre 2012 et 2013". Et le financement initial est souvent obtenu car il s’agit la plupart du temps de sommes relativement modestes. Quelques milliers d’euros. Ainsi, sur la plateforme française My Major Company, dans la catégorie entrepreunariat, aucun projet n’exige plus de 6000 euros

Des projets innovants, des donateurs enthousiastes, des fonds facilement obtenus... Le financement 2.0 serait donc la solution universelle? Dans les faits c’est un peu plus compliqué. Premier écueil: le nombre de créanciers. C’est ce qu’explique dans LSA Laurent Pasquier, le créateur du moteur de recherche alimentaire mesgouts: "Nous avons réalisé une première levée de fonds en 2012 de 120.000 € avec notre propre argent et de la "love money" (NDLR. du crowdfunding) [...] mais avec le crowdfunding il y a plus d’actionnaires donc plus de comptes à rendre." Or, les entrepreneurs préfèront toujours un business angel qui apporte la somme globale plutôt qu’une myriade de particuliers. D’autant qu’encore une fois il s’agit de sommes relativement faibles.

Second écueil et non des moindres: le crowdfunding ne permet que de réunir la mise de départ. Or justement il s’agit la plupart du temps de sommes peu importantes. Mais lorsque l’entreprise croit et que les besoins en cash se font sentir (on parle alors de sommes à cinq ou six zéros...), le crowdfunding ne sera pas d’une grande utilité. C’est ce qu’explique Pierre Kosciusko-Morizet, le fondateur de Price Minister dans LSA: "On manque de financement à tous les niveaux. Il y a beaucoup de business angels pour la première étape qui permettent de démarrer une activité, mais beaucoup moins de monde pour le stade d’après, lorsqu’il faut lever entre 5 ou 10 millions d’euros. Si on agrandit le premier maillon de la chaîne et pas celui d’après, il y aura des morts." Bref si le crowdfunding permet de mettre le pied à l’étrier, il ne faut pas oublier de seller le cheval...

2 commentaires

thierry

29/10/2013 08h37 - thierry

Vous ne parlez pas de l'equity crowdfunding qui permet de financer entre 100 000 et 1 M€. Déjà opérationnel en France, il est en forte progression. Sans doute une vague de fond(s). WiSEED, SmartAngels, Finance-Utile, Anaxago...

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PR

24/10/2013 10h54 - PR

Le crowdfunding est un secteur dynamique en devenir du fait des contraintes réglementaires en passe d'être levées par une réflexion à l'échelle européenne (http://ec.europa.eu/internal_market/consultations/2013/crowdfunding/index_en.htm#sthash.Y0NPOrBp.dpuf)et en France par un assouplissement réglementaire par voie d'ordonnance (http://www.goodinfo.eu/vers-reglementation-favorable-crowdfunding/1638/).

A l’échelle européenne, moins de 30 000 entreprises bénéficieraient de financements de business angels, de venture capitalistes ou autres solutions de participation !
Les petites entreprises et entreprises innovantes manquent cruellement de fonds pour développer leur idée. Le système n'est pas parfait mais il a le mérite de donner une chance à tous en présentant son projet à l'heure à laquelle les banques sont focalisées uniquement sur les risques.

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