ÉTATS-UNIS : Amazon licencie 15 % de son personnel

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Confronté à une croissance ralentie, Amazon licencie 1 300 employés et ferme deux de ses centres. Ce tour de vis devrait l'aider à sortir du rouge d'ici à la fin de l'année.

Le poids lourd des ventes sur le Net vient de battre un nouveau record dans l'univers du cybercommerce : celui des licenciements. La mise à pied de 1 300 employés, la plus importante qu'ait jamais connue un site, résulte d'une révision à la baisse de ses prévisions. En octobre, Amazon avait annoncé 4 milliards de dollars de ventes en 2001. Le chiffre a été ramené entre 3,3 et 3,5 milliards.

Pour tenir compte de ce ralentissement, dû au coup de froid sur l'économie américaine et le cybercommerce, Amazon ferme un centre de distribution en Géorgie et cantonne celui de Seattle à un rôle de dépannage en période de pointe. Le centre de services à la clientèle de Seattle sera également fermé, ses activités redistribuées au Dakota du Nord, en Virginie occidentale et en Inde, où Amazon sous-traite une partie de ses services. La direction affirme que la décision de fermer le centre de Seattle n'a rien à voir avec l'activité syndicale qui s'y était déclarée il y a quelques mois. WashTech, l'organisation qui tentait de rallier ses 400 employés, est convaincue du contraire et compte demander une enquête officielle.

« Ces décisions furent douloureuses, mais absolument nécessaires pour atteindre notre objectif de rentabilité, explique Warren Jenson, directeur financier. Nous avons fait un choix définitif entre la croissance et la rentabilité. » Pressé depuis des mois par la communauté financière de mettre un terme à ses pertes récurrentes, Amazon a pour la première fois fixé une échéance pour la sortie de ses comptes du rouge. Ce sera pour le 4e trimestre 2001.

Les analystes restent toutefois sceptiques. Leur inquiétude porte sur le ralentissement de la croissance des ventes, qui s'est déjà fait sentir au 4e trimestre 2000, lorsque Amazon a raté de quelque 25 millions le milliard qu'il avait annoncé. De plus, le secteur le plus touché par cette baisse est aussi le plus rentable, à savoir les ventes de livres, de disques et de vidéos aux États-Unis. Jeff Bezos a confirmé que l'essentiel des pertes, à savoir 1,47 milliard de dollars en 2000, était dû aux investissements à l'international, où les ventes ont enregistré la plus forte croissance.

Amazon a aussi voulu rassurer Wall Street en affirmant qu'un nouvel appel de fonds, quoique non exclu, n'était pas vital. Avec 1,1 milliard de dollars de cash en début d'année, Amazon ne rejoindra pas de sitôt le cimetière des cyberdistributeurs.

Isabelle Huchet, à Washington
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Article extrait
du magazine N° 1709

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