ÉTATS-UNIS : Les grands magasins en péril

Déjà malmenés par la concurrence, les grands magasins ont pris le choc du 11 septembre de plein fouet. Certains auront du mal à s'en remettre.

«Les grands magasins sont les plus touchés par le ralentissement des dépenses aux États-Unis, estime Frank Badillo, économiste chez Retail Forward. Les prix ont déjà été tirés vers le bas par l'accumulation des stocks au début de l'année et le déclin de la demande va encore augmenter la pression et réduire les bénéfices. » La fin de l'année, qui s'annonçait déjà morose, sera résolument mauvaise.

« Les grands magasins entrent dans une période de survie, explique Arnold Aronson, directeur chez Kurt Salmons et ex-PDG de Saks. Ils vont réduire leurs stocks et fermer les magasins les moins rentables. » Leurs difficultés ne datent pas du 11 septembre puisqu'en dix ans leur part de marché est passée de 18,4 à 12,5 % ! Mais le brusque ralentissement de l'économie pourrait être fatal à certains. « Les grandes chaînes comme Federated et May s'en sortiront. Car elles ont les moyens de passer ce cap », estime Frank Badillo.

JC Penney et Sears, en pleine restructuration, ont eux aussi le dos suffisamment large pour supporter l'orage. Mais beaucoup s'inquiètent pour les chaînes haut de gamme. Notamment Saks, qui a mal vécu son acquisition par Proffitt's en 1998. Dillards et les quelques chaînes régionales, qui avaient réussi à préserver leur indépendance, sont aussi menacées.
 

Une exception : Kohl's

Le seul à tirer son épingle du jeu est Kohl's, la nouvelle coqueluche de Wall Street. La chaîne de Minneapolis, en pleine expansion, prévoit une augmentation de ses ventes et de ses bénéfices de 20 % au cours des prochaines années. À mi-chemin entre le discounter et le grand magasin, elle représente « le concept du futur », estime Frank Badillo.

À terme, le scénario le plus plausible consiste en une restructuration du secteur autour de 3 chaînes : Federated, May et Kohl's. Ce dernier continuant à croître en interne, alors que les deux autres grandiraient par des acquisitions. Parmi leurs cibles potentielles : Dillards, Saks et plusieurs chaînes régionales (Elder Beerman, Jacobson's, Belk, The Bon Ton).

Si ces enseignes ne veulent pas disparaître - mais aussi JC Penney, Sears, Dillards et Nordstrom -, elles devront se « réinventer ». À l'instar de Kohl's, qui a créé un nouveau concept, ou de Federated, qui a réussi à se différencier avec ses marques propres.

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Article extrait
du magazine N° 1742

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