Être libre [Éditorial de la semaine]

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EDITORIAL "L’immobilisme est la pire des solutions."

Yves Puget, directeur de la rédaction de LSA
Yves Puget, directeur de la rédaction de LSA© Laëtita Duarte

«Se reposer ou être libre, il faut choisir. » Lors de son intervention pour les 20 ans de la Fédération des entreprises et entrepreneurs de France, la Feef, l’économiste Nicolas Baverez a cité Thucydide, un Athénien né 460 ans avant J.-C., et dont les propos n’ont visiblement pas pris une ride tant il est évident que l’immobilisme est la pire des solutions. C’est ainsi que le même Nicolas Baverez parle de « l’incapacité à réformer, alors que les solutions sont connues », ou que Renaud Dutreil, devenu patron d’une PME, mais qui fut ancien ministre du Commerce, mais également de la Fonction publique, raconte que, dans ce dernier ministère, sa feuille de route était on ne plus simple : « Ne rien faire. Surtout pas de vagues. » Ou que bon nombre de distributeurs confient les dessous de leur entretien avec Ségolène Royal dans l’affaire du gaspillage alimentaire. Ou comment ils ont vu une ministre faire du chantage à la vindicte médiatique s’ils ne signaient pas un accord imposant… des choses qu’ils font déjà.

On pourrait en rester là ou multiplier les anecdotes démontrant non seulement la frilosité de nos gouvernements passés et actuels et égrener les carcans qui bloquent bien des pans de notre économie et bien des initiatives des entrepreneurs. Mais ce serait injuste. Car dans la vraie vie, celle des régions et des villes, et non celle de quelques arrondissements parisiens, sur le carrelage en grès cérame et non sur les moquettes feutrées des ministères, les choses avancent plus vite qu’on ne le pense et le clame.

C’est ainsi que, selon Nielsen, la France compte 2 000 gran­des et moyennes surfaces alimentaires de plus en seize ans, que les ventes de PGC en valeur ont, en dix-huit ans, bondi de 60% et le nombre de références ­explosé de 74%. Sans oublier les PME, dont les ventes ont grimpé de 4% en 2014 et de 5% depuis le début de l’année.

À la tribune, tous les dirigeants ont voulu affirmer leur action. Michel-Édouard Leclerc a raconté comment il veut « muscler » le rôle du Galec, ­notamment dans les domai­nes du marketing et du digital. Serge Papin (Système U) a expliqué les raisons de son allian­ce avec Auchan. Vincent Mignot (Au­chan) a montré comment il veut travailler différemment avec les PME.

Et que penser du palmarès 2015 des Grés d’or de la Feef. Entre ceux qui montent une Scop pour sauver leur entreprise, ceux qui valorisent la « filière » de la pêche bretonne, ceux qui font de la ­cocréation avec les consommateurs, ceux qui imaginent un panier de fruits et légumes bio pour le drive, ceux qui exportent leur crème fraîche au Japon, ceux qui évitent le gaspillage alimentaire avec un « camembert moche », ceux qui valorisent le travail des handicapés. Tous ces dirigeants, avec leurs équipes, ont décidé de ne pas se « reposer » et ont forcément gagné une forme de « liberté ». Il faut simplement que les gouvernements, de droite comme de gau­che, fassent de même. Qu’ils comprennent, selon Nicolas Baverez, qu’« il n’y aura pas de reprise sans réformes et sans baisse de la fiscalité sur les entreprises et les créateurs de richesses ». Pour permettre aux acteurs économiques, et aux citoyens, d’être moins dépendants économiquement et donc de gagner un peu de liberté. 

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Article extrait
du magazine N° 2380

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