Marchés

Etude UFC Que choisir: "Quel scandale que ce coup médiatique" [Tribune]

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TRIBUNE D'EXPERTS Rodolphe Bonnasse, président-directeur-général de CA COM Groupe, donne son avis sur l’étude de l’UFC Que choisir sur le bio, ses prix et ses marges. Et visiblement, il n’est pas d’accord avec les résultats de cette étude et avec les conclusions que certains en font. 

"Oui le Bio est plus cher et les raisons (coûts production/collecte/conservation/emballage/certification) sont connues et acceptées par les consommateurs"
"Oui le Bio est plus cher et les raisons (coûts production/collecte/conservation/emballage/certification) sont connues et acceptées par les consommateurs"© Mara Zemgaliete - Fotolia.com

La vocation de UFC Que Choisir  : la « défense du consommateur »… Or quelle meilleure chose pour le consommateur que de voir les différents acteurs de la filière alimentaire se réunir enfin pour imaginer une alimentation pour demain plus responsable et plus locale, faire progresser la production Bio en France ?

Par son attaque fondée sur une étude à la méthodologie plus que discutable, UFC Que Choisir s’adonne au sensationnalisme d’une comparaison de prix et d’un calcul plus que simpliste sur les marges de la grande distribution et jette le trouble sur ces assises. 

L’argument principal de cette enquête concerne les marges supposées plus importantes qui prendraient les distributeurs sur les produits Bio v/s les produits conventionnels. UFC Que Choisir s’insurge qu’un produit acheté 2 fois plus cher soit vendu 2 fois plus cher… offusquons nous dans ce cas qu’un champagne génère plus de marge d’une piquette ! Ce calcul comparatif en valeur absolue n’a aucun sens.

Quel scandale que ce "coup médiatique » qui met en cause une jolie filière, et rend le consommateur méfiant là où il n’y a aucun fondement. Aujourd’hui le Bio rémunère mieux les producteurs leur permettant de vivre de leur métier, sans être exposés à la manipulation de produits toxiques, il propose une alimentation plus seine, meilleure pour notre santé, tout en ayant un impact positif pour l’environnement. Il permet de redonner envie de payer le prix des bonnes choses. 

A ceux qui pensent que la GMS en profite pour « s’en mettre plein les poches », réfléchissez au rôle qu’elle joue sur l’expansion du Bio. 

Les filières Bio décollent aussi (surtout?) grâce à elles, car elles permettent de toucher plus de consommateurs et donc valoriser des volumes importants. Regardez Monoprix, leader incontesté, il donne une visibilité et un accès aux produits innovants dans le Bio. Ou prenez l’exemple de la filière viande bio. Elle a décollé et a pu garantir de meilleurs prix à ses éleveurs grâce à l’implication historique, plus de 20 ans !, d’Auchan avec la société d’éleveurs Unebio. Grâce à Système U, c’est la filière porc qui, il y a 5 ans, a pris une nouvelle dimension grâce à la mise en place du partenariat Les porcs bio de France. 

Alors, que dire ? Oui le Bio est plus cher et les raisons (coûts production/collecte/conservation/emballage/certification) sont connues et acceptées par les consommateurs. C’est en développant les filières et en rendant moins marginal le Bio Français que les coûts pourrons baisser, pas en tapant du doigt sur les premiers aidants. 

Quant à l’attaque sur le fait que la pomme et la tomate sont mal représentées en grande surface, c’est la loi sacrée du commerce de l’offre et la demande que UFC Que Choisir devrait bien connaître.

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