Exclusif : Auchan et Système U notifient leur alliance auprès de l’Autorité de la concurrence

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C’est officiel. Selon nos informations, les groupes Auchan et le groupement Système U ont notifié leur alliance auprès de l’Autorité de la concurrence, qui va pouvoir examiner le rapprochement. Il faudra sans doute encore quelques mois avant qu’elle ne donne son approbation.

Le président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre. Très impliqué dans le rapprochement Auchan et Système U
Le président de l'Autorité de la concurrence, Bruno Lasserre. Très impliqué dans le rapprochement Auchan et Système U

Nouvelle étape pour Auchan et Système U. La plus grande alliance depuis longtemps entre deux groupes de distribution, le groupe Auchan et ses affiliés, et le groupement coopératif Système U, a été officiellement notifiée à l’Autorité de la concurrence, le dernier jour de l’année, le 30 décembre 2015. Selon l’Autorité, “l’opération consiste en la création d’une alliance sur le marché français, et constitutive d’une fusion de fait au sens du droit des concentrations, entre Auchan et Système U, tous deux actifs dans le secteur de la distribution de détail alimentaire”. C'est d'ailleurs ce qu'avait indiqué le président de l'Autorité de la concurrence, en octobre, lors de son intervention au Congrès des négociations commerciales pour 2016 organisé par LSA.

Serge Papin et Vianney Mulliez en première ligne

Il aura fallu donc de longs mois entre l’annonce du mariage, et la notification. Les deux groupes ont en réalité beaucoup travaillé sur les aspects concurrentiels de leur rapprochement, en pré-notifiant, d’abord auprès des autorités de la concurrence européenne, leur rapprochement, laquelle a décidé de laisser l’Autorité de la concurrence s’occuper du dossier. Les discussions avec celle-ci ont duré ensuite près de six mois, notamment avec l’intervention de Serge Papin, président de Système U, et de Vianney Mulliez, président d’Auchan Holding, qui se sont rendus eux-mêmes rue de l’Echelle, où se trouve l’Autorité.

Décision en avril ou mai ? 

Cette longue phase pourrait permettre de réduire le temps de la décision de l’Autorité de la concurrence. Celle-ci pourrait rendre son arbitrage en phase 1, si elle considère que le rapprochement ne pose pas de problème ou que les engagements de cession ou de rupture de contrats sont suffisants. Mais elle peut aussi décider d’une phase 2, avec enquête approfondie, plus longue. Plusieurs mois seront de toute façon nécessaire. Récemment, un des dirigeants évoquait une décision attendue en avril ou mai 2016. Les parties tierces intéressées au dossier - notamment les concurrents - peuvent déposer leurs observations jusqu'au 26 janvier 2016.

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