Marchés

Exclusif : Jour crucial pour l’avenir de Doux

|
Xavier Beulin (FNSEA) a la manoeuvre pour sauver ce qui peut l'être de Doux
Xavier Beulin (FNSEA) a la manoeuvre pour sauver ce qui peut l'être de Doux

La rédaction vous conseille

Les membres du tribunal de commerce de Quimper, dont les deux juges-commissaires, Jean Marie Laurent et Patrick Dieunegard, vont décider cet après-midi du sort de Doux, en acceptant ou en refusant la cession de l’entreprise de pet food Stanven, pour un montant de 17 à 20 millions d’euros, qui permettrait à Charles Doux et à son nouveau directeur général, Michel Léonard, l’ancien patron de Lactalis, de poursuivre la période de redressement judiciaire du groupe. Cette bouffée d’oxygène est cruciale pour la poursuite de l’activité sous la gouvernance actuelle. Charles Doux tente par ailleurs de sauver son fauteuil en proposant une ouverture du capital à un groupement coopératif ou un investisseur, et réclame aussi 30 millions d'euros à la société d'affacturage Natixis Factor pour faire face à ses échéances à court terme. Le différend avec Natixis, chargée de recouvrer les factures de Doux, notamment auprès de la grande distribution, est toutefois à son paroxisme depuis que Charles Doux a rompu sans préavis son contrat il y a deux semaines, précise la société. Le groupe Doux, selon plusieurs sources, aurait besoin de 50 millions d’euros afin de payer au comptant les éleveurs, ou les fournisseurs de barquettes et de films plastiques nécessaires à la production.

 

Vers une vente par appartement

Cependant, il paraît difficile que l’ensemble de ces conditions soient réunies. « Il est probable que la vente soit refusée car le tribunal demandera sans doute à avoir une vue d’ensemble pour faire face aux besoins de trésorerie », analyse un proche du dossier.  L’un des deux administrateurs judiciaires nommés pour la période de redressement, Régis Valliot, a déjà indiqué vendredi que la société ne pouvait plus continuer à vivre d’expédients, et que le groupe était mis en vente dans son intégralité, provoquant un séisme pour les 3700 salariés et les 800 éleveurs sous contrat avec Doux. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, souhaite que Doux ouvre son capital, et Arnaud Montebourg a déjà déclaré qu’il était nécessaire que Charles Doux, 75 ans, passe la main. La mise en vente permettrait d’ailleurs aux repreneurs potentiels et aux banques d’accéder aux comptes de l’entreprise. Il est peu probable qu’une seule entreprise industrielle puisse reprendre toutes les activités d’un coup, notamment les activités au Brésil, le surgelé pour le proche et le Moyen Orient, le poulet frais à marque ou MDD, les produits élaborés (nuggets, barquette d’escalopes). La vente devrait donc passer par un pool bancaire, qui pourrait être conduit par la Barclays, qui détient une créance de 140 millions d’euros chez Doux

 

Une bataille de géants

Et il n’y a pas 50 repreneurs potentiels. L’axe FNSEA-Coop de France, est évident. Xavier Beulin, président de la FNSEA, mais aussi du géant Sofiprotéol (6,5 milliards d'euros), holding de Glon Sanders et de sa filiale volaille Ronsard (175 millions de chiffre d’affaires) est à la manœuvre, de même que les coopératives adhérentes à Coop de France, que préside  Philipe Mangin. Terrena (4 milliards de chiffre d'affaires, dont 750 millions d'euros dans la volaille) et Triskalia (150 millions d’euros dans la volaille) sont sur les rangs. On cite également LDC pour la volaille fraiche, et pour les activités du Brésil, le géant JBS. Il faut sauver ce qui peut l’être de Doux, qui pèse 800 millions d’euros, et la restructuration du groupe, dont les outils industriels seraient en partie vétustes, paraît inévitable, et très douloureuse sur le plan social.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter