Exclusif LSA : Le pouvoir d’achat par ménage baisse pour la troisième année consécutive

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Selon des données du Bipe pour LSA, le pouvoir d’achat «ressenti» des foyers baisse à nouveau de 1,2 %, pour la troisième année de suite. En cause, l’envolée de la fiscalité et la forte hausse des dépenses contraintes…Ce qui reste en fin de mois ne cesse de diminuer.

Pour Julien Salles (Bipe) , la baisse du pouvoir d'achat est
Pour Julien Salles (Bipe) , la baisse du pouvoir d'achat est

Voilà qui peut nourrir le débat sur le pouvoir d’achat évoqué dans son allocution par le président de la République, François Hollande, ou Arnaud Montebourg, qui a indiqué récemment qu’il serait le « ministre de l’Economie réelle, concrète, de la vie des gens, à la fois des ménages qui ont besoin d’oxygène pour consommer que des entreprises qui ont besoin d’embaucher». Côté oxygène pour les ménages c’est plutôt le manque que l’on constate.

En effet, selon un indice Bipe en exclusivité pour LSA, le pouvoir d’achat ressenti des ménages chute à nouveau très sensiblement, de l’ordre de -1,2  en 2013 qui s’ajoutent aux – 1,7 % et -2,2 % des années antérieures. Une évolution plus négative que celle calculée par l’Insee, qui s’explique pour des raisons de périmètre : le Bipe calcule un pouvoir d’achat ressenti basé sur la composition des foyers, appelé «unité de consommation», puis en séparant les dépenses contraintes – celles qui, comme les loyers ou les assurances, ne peuvent être reportées – des dépenses de tous les jours (alimentaire, habillement, loisirs, essence) que les consommateurs peuvent arbitrer plus facilement.

« Ces chiffres révèlent une situation inédite, les ménages sont exsangues, il y a une vraie urgence à agir, considère Julien Salles, consultant sénior au sein du Bipe. Même lors des précédentes crises, les Français n’avaient pas connu un tel recul de leur pouvoir d’achat. Il s’établit en moyenne à -1,7 % par an depuis trois ans». En effet, première cause, les dépenses contraintes qui repartent à la hausse de 2,3% en 2013 (après une stabilité en 2012 mais une forte augmentation de 5,6 % en 2011), ce qui pèse lourdement sur le pouvoir d’achat ressenti, celui que les ménages perçoivent vraiment parce qu’il s’agit du reste à vivre pour le mois. Mais l’envolée des dépenses contraintes n’est pas la seule responsable. La fiscalité joue aussi pour beaucoup.

Impôts, la hausse sans précédent

Les impôts ont en effet continué d’augmenter en 2013 de 4,3 %, après + 7,4 % en 2012 ! Des ratios d’évolution énormes, jamais vus dans le passé. Du coup, le revenu des ménages (RDB) est déjà amputé à ce stade. A quoi s’ajoutent des salaires en faible augmentation (+1,2% en 2013) et des prestations qui augmentent mécaniquement en raison de la croissance de la population, mais qui, par foyer, sont plutôt stables, sans compter l’inflation, certes légère, mais tout de même présente.  

Et compte tenu des mesures votées en loi de finances en décembre pour 2014, avec la hausse de la TVA depuis le 1er janvier (6 milliards de recettes attendues) et environ 7 milliards d’euros d’impôts en plus, il est probable que la consommation des ménages ne pourra pas progresser dans le courant de l’année. Autrement dit, le moteur principal de la croissance du PIB va rester ou devenir encore plus poussif, alors que celui de l’investissement n’a pas redémarré et que les prix –liés à la compétitivité- restent encore trop élevés pour endiguer les importations et augmenter les exportations…

 

Le Bipe calcule le pouvoir d'achat ressenti des ménages en se basant sur les "unités de consommation" (composition des ménages) et en retranchant les dépenses dites contraintes, à savoir qui ne peuvent être reportées d'un mois sur l'autre, comme les loyers, les emprunts, les assurances, ou les frais de scolarité. Le reste peut être considéré comme la consommation courante.

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