Exclusif LSA: Système U ferme son drive solo de Vannes-Séné (Morbihan)

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Un an à peine après son installation, ce drive-entrepôt, qui est l’un des quatre que compte l’enseigne, cesse son activité. Il était venu concurrencer frontalement un Intermarché.

La page du site internet relié au drive Système U.
La page du site internet relié au drive Système U.

La guerre des drives fait une nouvelle victime. Selon nos informations, le U drive "solo" de Séné, près de Vannes (Morbihan), cesse son activité ce mercredi 23 avril, conformément à une décision du tribunal de commerce de Vannes. Ce drive-entrepôt "offensif", ouvert en avril dernier par l’associé de l’Hyper U de Saint-Avée, juste en face d’un Intermarché, n’a donc pas trouvé son rythme commercial. Le drive U de 1100 m² proposait 8.000 références et comptait sept pistes de retrait. "Une solution de nouvel emploi a été trouvée au niveau local pour 5 des 6 salariés", précise-t-on chez Système U Ouest.

Le "solo", un modèle qui ne fait pas florès chez Système U

Le drive de Séné était l’un des quatre au format "solo", que compte l’enseigne, un modèle totalement autonome et éloigné du magasin, qui n’a jamais fait florès chez Système U. Contrairement à Leclerc, Carrefour, Auchan ou Chronodrive, U parie plutôt sur le drive "picking" magasin, moins productif puisque le personnel prélève la commande en rayons, mais qui permet de proposer tout ou partie de l’assortiment de produits disponible dans le point de vente. Selon la base de données LSA Expert, Système U s’appuyait sur un parc de 756 unités à la fin 2013.

Plusieurs drives en difficulté

Les premières difficultés de certains drives ont commencé à apparaître en milieu d’année dernière.

Comme le révélait LSA, c’est d’abord un drive Carrefour qui tirait le rideau en juillet. "Un cas isolé", jurait l’enseigne, en pleine phase de déploiement de ce format. Près de Laval, la guerre des drives a aussi eu raison en novembre d’un drive solo implanté un an auparavant par Auchan, au milieu d’une zone fortement concurrentielle. La liste des victimes s’était allongée quelques jours plus tôt, le pure player Chronodrive fermant deux unités près de Mulhouse. Leader Drive n’a pas non plus été épargné.

Dégâts collatéraux

Ces "dégâts" restent néanmoins collatéraux, même si la liste des griefs s’allonge. Les doutes persistent sur la rentabilité du format, pénalisé par la gratuité du service, tandis que la législation "Alur", actuellement en seconde lecture au Parlement, va soumettre l’implantation des "solos" à autorisation.

De leur côté, les consommateurs sont loin de l’envisager comme un circuit de courses principale relève une étude GFK, notamment parce qu’ils "doublonnent" les achats drive avec des emplettes en magasin, en premier lieu pour acheter des produits frais dont ils se défient en format drive. Le drive est par ailleurs peu propice aux achats d’impulsion.

Nombre record d'ouvertures

Mais le rythme d’ouverture, déjà effréné l’an dernier (719 inaugurations de drives accolés ou solos en 2013, selon LSA Expert, pour un total de 2190, et même 2874 en comptant les points de retrait magasin), demeurera intense en 2014. Leclerc, déjà leader en nombre d’unités (453 en fin d’année, selon LSA Expert), et dont le drive alimente pour plus d’un tiers (36%) la croissance française, prévoit d’inaugurer 150 unités supplémentaires cette année. Carrefour (144 nouveaux drives en 2013), lui, est en plein rattrapage sur un format qui lui a coûté des parts de marché, tout comme Intermarché, qui a gonflé sa flotte de 202 ouvertures l’an passé. Le record, toutes enseignes confondues.

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