Facebook renforce son accompagnement des petits commerces à la vente en ligne

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Facebook s'associe avec les représentants des patrons de PME pour aider les petits commerçants à se convertir au numérique afin de résister à l'épisode sanitaire. Le réseau social entend développer l'offre de son interface dédiée au e-commerce. 

Une TPE-PME française sur deux est présente sur Facebook. Elles peuvent depuis peu mettre en avant leurs produits sur Facebook et Instagram grâce à l'interface Shop.
Une TPE-PME française sur deux est présente sur Facebook. Elles peuvent depuis peu mettre en avant leurs produits sur Facebook et Instagram grâce à l'interface Shop.© Will Francis / Unsplash

Facebook se positionne encore un peu plus comme un canal de vente pour les petits commerces fragilisés par la crise sanitaire. Le réseau social s’allie avec les représentants des TPE et PME pour aider les commerçants français à adopter des solutions de vente en ligne, ont annoncé Facebook et la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME), lundi 16 novembre. 

Ce dispositif conçu par les deux partenaires se décline en plusieurs outils. Un programme de 25 formations gratuites doit ainsi permettre aux commerces de proximité de mettre rapidement en place des solutions numériques comme le click & collect. Ils pourront poser leurs questions à des experts dans un espace de discussion en ligne, mais aussi obtenir, à l’aide d’un outil diagnostic, un “plan d’action” et les ressources nécessaires pour le mettre en œuvre. 

Deux millions d'entrepreneurs visés

Facebook met également à disposition des entreprises un kit de visuels pour indiquer à leurs clients qu’ils restent en activité malgré le confinement. Chaque semaine, Facebook France publiera par ailleurs des cartes des commerces de proximité dans différents secteurs (jouets, librairies…), en partenariat avec l’application Mapstr, avec qui le réseau social s’était déjà associé lors du premier confinement afin de soutenir les acteurs du tourisme. 

"Le risque de voir surgir de plus grandes difficultés dans les mois à venir est réel, et de nombreux points de vente et commerces pourraient fermer dans les prochains mois. Dans ce contexte, digitaliser son entreprise n’est aujourd’hui plus une option, c’est une question de survie”, souligne dans le communiqué François Asselin, président de la CPME. Une étude commandée à Ipsos par Facebook rappelle que seulement 15% des TPE françaises vendent leurs produits sur internet, alors que 82% des internautes achètent en ligne. 

Des modules déjà en partie déployés depuis juin

Ce "dispositif d’urgence" s’appuie en réalité en grande partie sur le programme lancé en France par Facebook en juin 2020 pour inciter les petits commerces à se convertir au numérique. Un total de 100 formations gratuites développées en partenariat avec Prestashop et Shopify et un outil diagnostic y étaient déjà inclus. 

Avec ce programme, les deux partenaires espèrent toucher deux millions d’entrepreneurs au cours des six prochains mois. Il sera dans un premier temps diffusé auprès des 150 000 adhérents de la CPME. "Une TPE-PME sur deux est présente sur Facebook en France. Dans le monde, ce sont 200 millions d’entreprises, dont 10% de façon payante en tant qu’annonceurs", indiquait à LSA Guillaume Cavaroc, le responsable grands comptes retail pour Facebook France, le 12 novembre. 

Tout l’enjeu pour le groupe de Mark Zuckerberg est d’encourager l’adoption de Facebook Shops, son interface déployée en France en mai 2020 pour permettre aux entreprises, petits commerces comme multinationales, de présenter et vendre leurs produits. Facebook vient d’étendre cette fonctionnalité à Instagram, avec la création d’un onglet dédié, et prévoit d’y intégrer à l’avenir ses applications WhatsApp et Messenger pour proposer aux vendeurs une solution unifiée. 

Se différencier des marketplaces

Avec cette diversification, le géant américain entend exploiter le potentiel de croissance de la vente en ligne en France, qui pèse moins de 10% du commerce. Il peut faire valoir auprès des commerçants ses quelque 38 millions d’utilisateurs actifs mensuels dans l’Hexagone, et un service présenté comme plus attractif que les places de marché, au premier rang desquelles Amazon, solide leader du e-commerce avec 22% de part de marché en France. “Les marketplaces prélèvent un pourcentage de commissions, oscillant entre 5% et 20%, sur certaines catégories de produits. Il y a un abonnement mensuel, donc un coût d'entrée pour aller distribuer. Chose qu'il n'y a ni sur Facebook ni sur Instagram, car les produits sont gratuits”, rappelait à LSA Guillaume Cavaroc en mai dernier. Le modèle économique du réseau social reste à ce jour la publicité. 

Facebook n’est pas le seul à accélérer son une incursion sur le terrain du e-commerce pendant la pandémie. Fin avril, Google a permis aux entreprises d’être référencées gratuitement les entreprises sur son espace de vente “Acheter sur Google”. Le groupe a également annoncé le 9 novembre mettre des experts du numérique, des formations et des outils à disposition des commerces indépendants et des artisans pour les aider à développer leur activité en ligne, en partenariat avec la Fédération Française des Associations de Commerçants (FFAC). Facebook n’aura pas tardé à se montrer lui aussi au chevet des petits commerçants.

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