Fagor-Brandt n'échappe pas aux restructurations

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Jugée par les observateurs comme un « mal nécessaire », la suppression de 350 postes en France est dénoncée par les syndicats. Ils redoutent, à tort selon la direction, une accélération des délocalisations.

>Les plans de restructuration se font rarement sans grogne sociale. Celui de Fagor-Brandt ne fait pas exception. Alors que les procédures de consultation s'achèvent, certains syndicats n'excluent pas de mouvements de grève dès cette semaine, après ceux de juin et de septembre. Inévitable selon les analystes, l'annonce avant l'été - un an après le rachat de la marque française par le groupe espagnol - de la suppression d'environ 350 postes en France - soit 10 % des salariés Brandt - continue d'inquiéter. Les dés semblent pourtant jetés. Le plan, qui touche surtout à la structure (services généraux, logistique, comptabilité, ressources humaines, R & D) entame sa dernière ligne droite. Près de 200 postes de reclassement en interne ont été proposés début novembre, mais tous ne seront pas pourvus. « Ce n'est qu'à l'issue de cette action, fin décembre, que le nombre définitif de licenciement sera connu », confirme Bruno Rameaux, directeur des ressources humaines.

Plutôt rassurés au départ par le statut de coopérative du groupe espagnol, les syndicats critiquent le fondement même du plan et le manque de dialogue de la direction. Évoquant un marché de plus en plus difficile, Fagor-Brandt se défend : « Contrairement à certains concurrents, nous avons adopté un parti pris social volontariste en décidant de préserver l'outil de production en France. » Le groupe espagnol, qui escompterait une économie de ses coûts fixes de 20 millions d'euros, a en effet prévu de conserver ses cinq sites français. Petit bémol, une trentaine de postes de production vont être supprimés à Aizenay. Des reclassements dans l'usine de la Roche-sur-Yon sont actuellement proposés aux salariés concernés. Déjà fragilisée par le départ, en 2005, de deux gros clients, Electrolux et Miele (50 % de l'activité), cette usine spécialisée dans la fabrication de micro-ondes subit de plein fouet la concurrence chinoise. Malgré ce sursis, les syndicats craignent à moyen terme une fermeture du site. « Le site d'Aizenay, dans sa nouvelle configuration, est viable économiquement et nous allons tout faire pour le conserver », tient à rassurer Bruno Rameaux.

Recomposition du secteur

Derrière ces inquiétudes, le spectre de la délocalisation hante les salariés. Tous ont en tête le transfert de certaines activités vers l'usine Fagor de Pologne. Une ligne de lave-linge a déjà été rapatriée de Lyon à Wroclaw, mais aussi une ligne de cuisinières qui était à Orléans. « Indépendantes du plan de restructuration, ces mesures n'ont aucun impact sur l'emploi en France compte tenu de la fabrication, dans le même temps, de nouveaux produits haut de gamme sur le site lyonnais », souligne Bruno Rameaux. « Qu'est-ce qui peut empêcher Fagor-Brandt d'accélérer encore la délocalisation ? », se demande toutefois un syndicaliste CGT. Selon Patrice Zygband, président d'Atkearney, « à terme, tout l'électroménager d'entrée de gamme sera fabriqué dans les pays à bas coûts. Seule une politique d'innovation audacieuse et un recentrage sur des produits haut de gamme permettront d'assurer la survie des sites de production en France ».

Acculé à des restructurations que les actionnaires précédents n'ont pas osé mettre en place, Fagor-Brandt s'inscrit dans un mouvement plus général. Electrolux a fermé récemment plusieurs sites en Europe, Indesit a fait de même au Portugal et Bosh-Siemens vient d'annoncer des réductions d'effectifs en Allemagne. La recomposition du secteur est bel et bien en marche.

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Article extrait
du magazine N° 1976

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