FagorBrandt bientôt sous pavillon algérien ?

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Les noms de potentiels repreneurs de la filiale française de Fagor, en redressement judiciaire depuis novembre dernier, ont enfin été dévoilés. Le conglomérat algérien Cevital est, pour le moment, le mieux-disant sur le plan social avec la reprise de 1200 salariés sur les 1800 que compte FagorBrandt en France. Un chiffre que les syndicats, la direction et le ministre du redressement productif Arnaud Montebourg souhaitent voir amélioré.

L’Algérien Cevital présente l’offre la mieux-disante
L’Algérien Cevital présente l’offre la mieux-disante

On en sait désormais plus sur les offres de reprise de FagorBrandt, présentées hier 22 janvier aux syndicats lors d’un CCE au siège francilien de la filiale française du groupe espagnol Fagor. Si plusieurs dossiers ont été proposés, seulement quatre projets ont été retenus : « sur les quelques dizaines de dossiers reçus, plusieurs proposaient de reprendre uniquement les actifs immatériels de la société (marques, brevets, etc…), ou bien des machines. Ces offres ne constituaient donc pas des reprises d’activité », explique la direction de FagorBrandt. D’autant que les marques du groupe (Brandt, De Dietrich, Sauter, Vedette…) sont détenues par une filiale irlandaise de la maison-mère Fagor, également en dépôt de bilan.

L’Algérien Cevital présente l’offre la mieux-disante

Parmi les quatre offres retenues, la plus importante émane du conglomérat algérien Cevital. Ce groupe, qui emploie près de 13 000 salariés et réalise 4 milliards de chiffre d’affaires, a été fondé en 1971 par Issab Rebrab. D’abord centré sur la construction métallique, le milliardaire – premier algérien à être entré dans le classement du magazine Forbes – l’a ensuite diversifié dans divers secteurs comme l’agroalimentaire, la distribution automobile, la presse, l’horticulture, les travaux publics, le transport maritime et également l’électroménager. Si le volailler Doux, pour lequel le groupe s’était porté candidat, lui a échappé, Cevital a notamment repris, en juin dernier, le fabricant français de portes et fenêtres Oxxo.

Construire un géant régional du blanc

Cevital propose de reprendre 1200 salariés sur les 1800 que comptent FagorBrandt en France ainsi que les usines d’Orléans et de Vendôme, dans le Centre, ainsi que le siège social de Rueil-Malmaison et le site de service après-vente de Cergy-Pontoise en région parisienne. Selon l’administratrice judiciaire Hélène Bourbouloux, Cevital souhaite aussi reprendre, outre le fonds de commerce français, les filiales de FagorBrandt au Royaume-Uni, en Suisse et à Singapour ainsi que d’autres actifs du groupe à l’étranger.  Objectif : « construire un acteur régional de l’électroménager (Europe/Afrique du Nord/Moyen Orient) en combinant le savoir-faire et l’expertise de FagorBrandt à celui de sa filiale d’électroménager existante », détaille la direction de FagorBrandt.

Le fonds d’investissement Sun Capital également sur les rangs

La seconde offre « globale » provient du fonds d’investissement américain Sun Capital, candidat déçu à la reprise du chimiste Kem One. Sun Capital propose de conserver 700 à 1000 emplois et de reprendre l’usine de FagorBrandt à Orléans (considérée comme la pépite du groupe), le siège-social et le service après-vente. Une offre peu goûtée par les syndicats dont certains la qualifie de « massacre ».

Deux autres repreneurs partiels

Deux autres offres industrielles ont été déposées mais ne sont que partielles. Ainsi, Variance Technologie, groupe français spécialisé dans l’injection plastique, propose de reprendre les sites vendéens de La Roche-sur-Yon et d’Aizenay (que Cevital ne souhaite pas racheter) afin de devenir « un concepteur et fabricant de produits électroménagers de niche » précise-t-on chez FagorBrandt. Seulement 270 emplois sur les 440 que comptent ces deux usines seraient préservés. La dernière offre émane du fabricant de moteurs  Selni, qui doit déjà reprendre le site ardennais d’Electrolux à Revin. Il propose de reprendre l’usine de La Roche-sur-Yon où il conserverait 240 salariés sur 340.

Des combinaisons possibles pour améliorer le bilan social

Si déjà dimanche, Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, avait tapé du poing sur la table en estimant que la reprise de 1200 salariés était insuffisante, le héros du Made in France a réitéré hier par voie de communiqué de presse son désir de voir les offres améliorées sur le plan social, saluant « le travail des salariés et des sous-traitants qui, dans un contexte difficile, ont œuvré pour un redémarrage rapide de l’activité sur les quatre sites de production ». Chez les syndicats, on espère un rapprochement entre l’offre de Cevital et celle de Selni. Prochaine audience devant le tribunal de commerce le 13 février prochain. D’ici-là, la mobilisation portera également sur l’entreprise SITL : l’ex-usine de FagorBrandt qui avait entamé sa reconversion vers la voiture électrique, a jusqu’au 27 janvier prochain pour trouver des repreneurs…

 

 

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