Faible hausse du smic et forte hausse des taxes en 2016

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Le gouvernement devrait accorder une revalorisation de 0,55 % du Smic, en ligne avec l’inflation, soit 9,67 euros par mois. Mais les hausses des taxes sur l’électricité et les carburants, que les députés viennent d'adopter à l'occasion de l'examen des lois de finances, va en rogner une grande partie... 

Le ministre du Budget maîtrise les comptes publics, en faisant la part belle aux taxes...
Le ministre du Budget maîtrise les comptes publics, en faisant la part belle aux taxes...

La très faible inflation, qui touche toute l’Europe, a aussi un effet sur l’évolution des salaires. Le gouvernement devrait entériner la hausse “automatique” - basée justement sur l’inflation, de 0,55 %, au 1er janvier 2016, sans ajouter de coup de pouce. Ce qui équivaut à 9,67 euros bruts d’augmentation de salaire par mois, et un salaire mensuel minimum qui passe de 1 466 € euro par mois. L’augmentation concerne uniquement le secteur marchand, qui compte 1,7 millions de salariés au Smic. Si la faible hausse peut s’expliquer, il faudrait que la hausse des taxes face l’objet d’une évolution similaire, calée sur l’inflation. Or, c’est loin d’être le cas. Le projet de loi de finances pour 2016 et surtout le projet de loi de finances rectificative pour 2015, en cours de débats, sont l’occasion de multiplier les hausses, justifiées pour partie par la baisse du prix des carburants à la pompe ou pour le chauffage, le prix des produits pétroliers ayant chuté de 60 % en un an.

Contrairement aux impôts, les taxes touchent toute la population

En premier lieu, la taxe carbone augmente de 33 %, passant de 14 à 22 euros la tonne en 2016. Cette augmentation correspond à environ 2 centimes de plus sur chaque litre diesel et 1,7 centimes par litre essence (mais la taxe s’applique aussi au fioul pour le chauffage). Montant rapporté à la consommation de carburant par les consommateur : environ 820 millions d’euros pour le diesel, et plus de 200 millions d’euros sur l’essence (sans le fioul de chauffage, qui est concerné). Il faut y ajouter la fameuse “taxe diesel” (TIPCE) qui augmente de 1 centime par litre le coût du gazole. Pour le consommateur utilisant une voiture dotée d’un moteur diesel, c’est environ 420 millions d’euros de plus à payer à consommation constante. En contrepartie, le gouvernement prévoyait de baisser d’un centime le litre d’essence. Finalement, il va l'augmenter aussi de 1 centime, sauf le Super 95-E10 -, soit une 40 millions d’euros de plus, au lieu des 94 millions de baisse. Pour les carburants, la facture fiscale s’établit à près d’1,5 milliards en plus.  

Dans le projet de loi de finances rectificative pour 2015, qui sert habituellement à ajuster les comptes, on prend aussi des mesures fiscales pour 2016 et même 2017. Et cette fois, c’est la taxe électricité, la CSPE (contribution au service public de l’électricité) qui fait un véritable bond, passant de 19 € à 22,5 € le mégawattheure. D’après une étude de la députée socialiste Valérie Rabault, l’augmentation sera de 25 € par an pour un ménage avec deux enfants qui se chauffe à l’électricité. Et depuis sa création, en 2000, elle aurait augmenté de 552 % ! Assise uniquement sur l’électricité, elle va aussi être élargie au gaz et au charbon. Mais pas au fioul, qui va déjà supporter la hausse de la taxe carbone ! Le rendement de la CSPE serait d’environ 8,3 milliards d’euros en 2016 contre 7,1 milliard d’euros en 2015. A cette aune, le billet de 10 euros mensuel pour les smicards sera vite absorbé...

 

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