Fleurs Pour le muguet, la fraîcheur avant tout

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Concentrée sur le 1er mai, la vente de muguet multiplie par trois à cinq le chiffre d'affaires des fleuristes. Le transport des précieux brins s'effectue au dernier moment.

«Ce jour là, nous ouvrons dès 5 heures au lieu de 9 heures habituellement. » Pour la fête du Travail, Vincent Bouffil, franchisé à Marseille du réseau Monceau Fleurs, met les bouchées doubles : « Le 1er mai, nous réalisons entre quatre et cinq fois un chiffre d'affaires habituel grâce au muguet. Ça vaut le coup. »

L'aventure commence dans les champs des pays nantais et bordelais, principaux pourvoyeurs du muguet hexagonal. Le muguet se cultive sur trois ans et nécessite un soin constant pour contrôler la venue de la fleur pour le 1er mai. « Sinon, la valeur économique devient nulle, précise Jacques Pétard, producteur et responsable du Comité technique du muguet. Nous engageons sur une semaine de vente les trois années précédentes. »

Nantes aux avant-postes

Cet organisme dépend des ma-raîchers nantais, qui assurent 80 % de la production nationale avec 60 millions de brins et 3 millions de pots. « Nous repoussons au maximum la cueillette pour offrir le muguet le plus frais possible, assure Marie-Claude Miailhe, la responsable logistique de la Socié- té civile d'exploitation agricole (SCEA) de la Salle à Martillac, en Gironde, qui ne cultive que le muguet. Il faut donc une logistique sérieuse et réactive. » Autre possibilité, des producteurs éloignés des centres de production se spécialisent dans l'assemblage. Ils reçoivent de février à mars les griffes congelées dans la tourbe, les placent en semis dans des serres, les surveillent jour et nuit pour réguler l'humidité.

Éviter les chocs thermiques

Après la récolte, prévue du 20 au 24 avril, les brins sont préparés dans des chambres froides. « Tout doit être expédié le 26 au soir, commente Jean-Pierre Cheminant, producteur de concombre, de mâche, de poireau et de muguet (5 % de son chiffre d'affaires) à Carquefou (Loire-Atlantique). La plupart des clients veulent le muguet le 27, pour le distribuer aux centrales d'achats et aux fleuristes. »

Pour la livraison en camions réfrigérés, les maraîchers utilisent leur réseau de transporteurs. « Le succès réside dans une logistique très performante respectant la chaîne du froid », souligne Wilfrid Montanaro, responsable de la centrale d'approvisionnement de la chaîne Le Jardin des Fleurs. Les cartons sont livrés à partir de l'exploitation à nos fournisseurs. Tout arrivera chez nos 91 franchisés le 28 avril, pour être stocké en chambre froide et ne pas subir de choc thermique. »

Réceptionné par botte de 50 brins, reconditionné, le muguet est placé dans des seaux spéciaux à taille très basse, pour éviter que les clochettes prennent l'eau, et les brins sont recouverts de papier de soie pour les protéger. Pour un fleuriste du Jardin des Fleurs commandant 9 000 brins à sa centrale, un indépendant se contente de 700 brins et de 200 pots pour son magasin O2 Rose, à Marseille. Il les commande à un grossiste de la cité phocéenne qui se fournit à Nantes. « Je vais au plus facile. Je reçois les pots cinq à six jours avant pour les préparer et les brins deux à trois jours avant », confirme-t-il, regrettant le prix élevé en dehors des zones de production et de Paris, faute de concurrence.

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Article extrait
du magazine N° 1947

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