Fleury-Michon prévoit une période difficile

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En rognant sur ses marges, l'industriel vendéen se donne des moyens pour diversifier ses activités et s'internationaliser. Cette stratégie est désormais conduite par Régis Lebrun, le nouveau président du directoire.

Tendus ! Les dirigeants de Fleury-Michon l'étaient, à l'occasion de la présentation de leurs résultats 2005 et de leurs prévisions 2006 aux analystes financiers la semaine dernière. Si le chiffre d'affaires a progressé de 6 % par rapport à celui de 2004, la marge opération-nelle a chuté, passant de 6,09 % en 2004 à 5,26 % en 2005. « En 2006, elle devrait diminuer encore et s'établir à 4,46 %, notamment parce que nous anticipons une haus-se des matières premières, tant sur l'énergie et les emballages que sur le surimi ou sur le jambon. Des charges que nous ne pouvons pas répercuter sur nos clients distributeurs, qui considèrent les bas prix comme un instrument de conquête de parts de marché », prévient Régis Lebrun, nouveau président du directoire de Fleury-Michon.

Être une « des 600 marques qui existeront en 2010 »

Les dirigeants sont convaincus que cet effort est le prix à payer pour renforcer leurs positions dans les grandes surfaces françaises, et, ainsi, avoir des chances de figurer « dans les 600 marques qui existeront toujours en 2010 dans l'alimentaire, quand on en compte 3 000 aujourd'hui », souligne Yves Gonnord, président du conseil de surveillance. Cet effort sera d'autant plus facile à consentir que la santé financière de la société est bonne. « Nous n'avons pas un besoin de fond de roulement, nous avons un crédit de fond de roulement », sourit-il.

De l'argent frais qui n'attend qu'une opportunité pour être investi. « Nous sommes à l'affût de toutes les opérations de croissance externe qui nous permettraient de nous renforcer sur nos piliers stratégiques », prévient Régis Lebrun. Le nouveau dirigeant, toujours à la tête de la filiale traiteur et restauration à domicile, n'exclut cependant pas « d'investir dans des entreprises de surgelés ne disposant pas de marque ».

La diversification est à l'ordre du jour. Dans son élan pour se développer dans le « catering » aérien, Fleury-Michon a ainsi investi près de 1,5 million d'euros pour développer une ligne de production de surgelés. Cette nouvelle capacité industrielle lui a aussi permis de nouer des relations commerciales avec Thiriet, spécialiste de la livraison à domicile.

C'est un nouveau relais de croissance qui est activé. Dès 2007, le groupe vendéen sera capable dans sa nouvelle usine, implantée à Cambrai et conçue comme un outil multitechnologie, de proposer des solutions repas surgelés sous marques de distributeurs.

Pas à pas, le groupe poursuit son développement à l'international. En Espagne, il s'est associé à Martinez Loriente pour fournir les 1 000 points de vente Mercadona en plats cuisinés frais. Aux États-Unis, il a vendu sa technologie à un fournisseur de Wal-Mart, qui devrait mettre en vente ses premiers plats cuisinés dès la fin 2006.

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Article extrait
du magazine N° 1951

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