Fnac-Darty se prépare à une année 2017 capitale

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DossierRÉSULTAT Alexandre Bompard, PDG du groupe Fnac-Darty, a présenté des résultats annuels communs aux deux enseignes. Avec, surtout, en tête, l’enjeu de faire de 2017, première année pleine du rapprochement, le juge de paix de la réussite, ou non, de ce mariage.

Le groupe Fnac-Darty, pour la première fois réuni sous un même ensemble, présente des résultats annuels plus que satisfaisants. 7,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, en croissance de 2%, 203 millions de résultat opérationnel courant (+ 23%) ou encore 74 millions d’euros de résultat net, en forte hausse de 37%, autant de performances qui peuvent allègrement faire dire au PDG, Alexandre Bompard, que « tous les indicateurs sont au vert ».

Ceci posé, il convient toutefois d’avancer que l’analyse de ces performances est rendue délicate par les circonstances. Si la Fnac est, avec cette présentation de résultats annuels, dans un calendrier habituel, c’est loin d’être le cas de Darty qui, jusqu’alors, fonctionnait en exercice décalé, achevé à la fin du mois d’avril. Le bilan a donc beau être présenté pro forma, il ne rend pas aisé les comparaisons par rapport aux années antérieures. Tout juste apprend-on, quand même, que « les deux enseignes, Fnac et Darty, affichent des ventes en croissance sur l’ensemble de l’année ». L’indication est d’importance, et si l’on n’en connaît pas le détail, au moins arrive-t-on à savoir d’où elle provient, cette « croissance »…

7,42 Mrds€

Le CA HT, pro forma, de Fnac-Darty en 2016

+ 2%

L’évolution des ventes, à taux de change constant

203 M€

Le ROC, en hausse de 23%

74 M€

Le résultat net, en progression de 37%

664

Le nombre de magasins, dont 452 Darty et 212 Fnac

Source : Fnac-Darty

Accélérer la mise en place des synergies

La réponse ? Surtout pas des produits éditoriaux, en chute libre de 4,2%, ni des produits blancs, en légère progression de 0,2%. Elle vient surtout des services (SAV, garanties, assurances et autres systèmes de livraison), qui s’affichent en progression de 8,8%, et des produits techniques, en hausse de 2,9%. Il est intéressant de se pencher sur ces derniers, qui pèsent près de la moitié des ventes de Fnac-Darty, à 3,55 milliards d’euros. Leur dynamisme doit beaucoup au basculement vers la TNT HD qui, mécaniquement, l’année dernière, a conduit les Français à acheter 6,5 millions de téléviseurs. Une telle performance ne se renouvellera évidemment pas en 2017. Autant dire que l’année II du groupe s’annonce, sur ce plan, un tout petit peu compliquée.

D’où l’intérêt, dans ce contexte, de savoir accélérer la mise en place des synergies à naître du rachat de Darty par la Fnac. Initialement attendues pour la fin 2019, ces synergies, estimées à 130 millions d’euros, donneront, assure Alexandre Bompard, leur pleine mesure dès la fin de 2018, avec la moitié effective dès la fin 2017. Quelque 20 millions d’euros proviendront d’opérations commerciales, avec notamment les mises en commun programmées des services de click & collect, de shop in the shop Darty à la Fnac et inversement, de cartes de fidélité et de cartes cadeaux communes – 70 000, déjà, ont été écoulées à la fin de l’année dernière. Les 110 autres millions d’euros, eux, seront à rechercher dans des économies de coûts, que ce soit aux achats, dans la logistique et, plus globalement, au sein de toutes les fonctions support.

Un groupe très franco-français

Le partage du chiffre d’affaires, en millions d’euros, en fonction des zones géographiques


Très franco-français et, par extension, très européen, le groupe Fnac-Darty entend se concentrer sur cette zone de marché mature. Pour preuve, la Fnac a enclenché le mouvement de cession de ses 12 magasins au Brésil, un pays où l’enseigne n’a jamais pu atteindre la taille critique suffisante pour pouvoir s’exprimer efficacement.

Source : Fnac-Darty

Ce partage à 20/110 suscite des questions, que la CGT ne manque pas de poser. « Depuis des années, les résultats de la Fnac sont construits sur de la finance et non du commerce, le groupe ne parvenant à dégager du résultat que par des économies de coûts, regrette ainsi le syndicat. La seule stratégie visible est de tailler dans les effectifs pour maintenir le résultat (le syndicat évoque, en quatre ans, la suppression de 19% de CDI, équivalents à 1 350 postes en moins en magasins, NDLR), et quand l’on parle de stratégie commerciale, c’est pour s’entendre dire qu’elle se fera au fil de l’eau. » Dans ce contexte, la CGT demande à être rassurée… Elle craint, en effet, une « grande casse sociale », avec la suppression des inévitables doublons qui existent entre la Fnac et Darty. Alexandre Bompard, en réponse, se veut rassurant, pour autant qu’il puisse l’être. « Les mesures sociales associées à ces mutualisations vont être annoncées au cours du premier semestre », indique-t-il, assurant « qu’elles seront bien sûr entourées de tout le dialogue et de tout l’accompagnement nécessaires ».

Des produits techniques qui pèsent près de la moitié du chiffre

Le partage du chiffre d’affaires, en millions d’euros, par grandes familles de produits


Le groupe Fnac-Darty peut, en 2016, dire merci au basculement vers la TNT HD qui, mécaniquement, avec 6,5 millions de postes de télévision achetés par les Français, a tiré les ventes des produits techniques. L’ennui : la base de comparaison, pour 2017, s’annonce rude. La seule solution consiste donc à se chercher de nouveaux relais via les services (SAV, assurances, garanties, livraisons, etc.).

Source : Fnac-Darty

Faire évoluer les magasins

Ce tournant social sera, assurément, l’un des points d’orgue de l’année 2017. De même que le seront, aussi, les premières applications commerciales concrètes, nées du rapprochement. « Il s’agit d’enrichir chaque enseigne des atouts de l’autre », explique Alexandre Bompard. Le PDG évoque ainsi des innovations à venir sur les services et, notamment, un SAV à distance à la Fnac, sur le modèle du Bouton Darty, mais aussi, dès le printemps, l’installation de corners Darty à la Fnac et inversement, avec des magasins qui devront évoluer, « faire plus de place aux démonstrations de produits, et se concevoir aussi sur des formats plus petits, plus agiles, dans la lignée des Fnac Connect ». En clair, davantage spécialisés, sans doute.

Jean-Noël Caussil

« Du rapprochement Fnac-Darty, nous attendons des synergies de 130 millions d’euros. Ces dernières seront effectives avec un an d’avance, soit dès la fin de 2018. »

Alexandre Bompard, PDG du groupe Fnac-Darty

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Article extrait
du magazine N° 2450

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