Fnac-Darty : un an d'avance pour les synergies envisagées

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Le groupe Fnac-Darty, nouvellement formé en 2016, publie pour la première fois des résultats annuels communs : le chiffre d'affaires s'affiche ainsi en progression de 2% en 2016, à 7,4 milliards d'euros pro forma. Les synergies de 130 millions d'euros, attendues initialement pour la fin 2019, sont quant à elles avancées d'une année. Le signe, assure le Pdg Alexandre Bompard, que "tous les indicateurs sont au vert".

Le groupe Fnac-Darty annonce un chiffre d'affaires de 7,4 milliards d'euros pro forma en 2016, en hausse de 2% sur l'année.
Le groupe Fnac-Darty annonce un chiffre d'affaires de 7,4 milliards d'euros pro forma en 2016, en hausse de 2% sur l'année.

La Fnac a racheté Darty : jusque-là, rien de nouveau sous le soleil. Pour autant, cela doit être rappelé à l’heure où la nouvelle entité Fnac-Darty, formée à la suite de ce rachat, publie pour la première fois, en ce 28 février 2017, ses résultats annuels.

Si la date est habituelle pour la Fnac, Darty, de son côté, était jusqu’à présent en exercice décalé avec un exercice annuel s’achevant à la fin du mois d’avril. Autant dire que les comparaisons par rapport aux années antérieures ne sont, cette année, pas aisées du tout, quand bien même le bilan est-il présenté « pro forma ».

Les deux enseignes Fnac et Darty en croissance en 2016 en France

Voilà pour les précautions d’usage. Ceci posé, le groupe Fnac-Darty annonce, pour l’année 2016, un chiffre d’affaires de 7,4 milliards d’euros dans ses 664 magasins dans le monde, dont 459 en France, en hausse, à taux de change constant, de 2%. Le résultat opérationnel courant (ROC) s’établit, quand à lui, à 203 millions d’euros, en progression de 23%, quand le résultat net, de son côté, est à 37%, à 74 millions d’euros.

On aurait évidemment aimé pouvoir descendre d’un cran, et analyser enseigne par enseigne, les performances de la Fnac et de Darty, mais le détail n’est pas communiqué. Tout juste apprend-on, quand même, que « les deux enseignes, Fnac et Darty, affichent des ventes en croissance sur l’ensemble de l’année. » Pour le reste, prière de faire confiance au Pdg, Alexandre Bompard, qui déclare que « tous les indicateurs sont au vert », évoquant même « des résultats d’autant plus satisfaisants que nous menons rapidement et efficacement l’intégration de Fnac et Darty, illustrée par l’anticipation d’un an de notre calendrier sur la réalisation des synergies annoncées. »

Des synergies de 130 M€ avancées d'un an

Ces synergies, estimées à 130 millions d’euros, sont en effet dorénavant attendues dès la fin 2018 et non pour la fin 2019, avec au moins la moitié réalisée à la fin de cette année 2017. Quelque 20 millions d’euros proviendront de synergies commerciales, avec notamment les mises en commun programmées des services de click and collect, de shop in the shop, de cartes de fidélité et de cartes cadeaux. Les 110 autres millions d’euros, eux, seront à rechercher dans des synergies de coûts, que ce soit aux achats, dans la logistique et, plus globalement, au sein de toutes les fonctions support.

Un partage 20/110 qui suscite des questions de la part de la CGT

En soi, ce partage à 20/110 est intéressant. Disons qu’il suscite quelques légitimes questions. Des questions que la CGT ne manque pas de poser. Quelques heures avant la publication de ces résultats, le syndicat organisait, à son siège de Montreuil, en banlieue parisienne, une conférence de presse pour exposer son point de vue. « Depuis des années, les résultats de la Fnac sont construits sur de la finance et non du commerce, le groupe ne parvenant à dégager du résultat que par des économies de coûts, regrette ainsi le syndicat. La seule stratégie visible est de tailler dans les effectifs pour maintenir le résultat (le syndicat évoque, en quatre ans, la suppression de 19% de CDI, équivalents à 1350 postes en moins en magasins, Ndlr), et quand l’on parle de stratégie commerciale, c’est pour s’entendre dire qu’elle se fera au fil de l’eau. »

La crainte d'une casse sociale

Dans ce contexte, la CGT demande à être rassurée… Elle craint, en effet, une « grande casse sociale », « plusieurs centaines d’emplois en jeu, au moins », avec la suppression des inévitables doublons qui existent entre Fnac et Darty, tant aux sièges, qu’au sein des fonctions supports et de la logistique.

 

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