Fnac Presse : La Fnac ouvre un espace pilote à Lille

|

À l'initiative de son personnel, la Fnac lilloise teste une boutique dédiée aux journaux et aux magazines français et étrangers. Un concept élégant et efficace.

Le projet s'est concrétisé en février après l'agrandissement du magasin, qui a vu sa surface de vente doubler, à 5 000 m2. Mais l'idée germait depuis un moment déjà dans l'esprit de Christiane Belot, directrice de la Fnac de Lille, et de Claude Louis, responsable du contrôle de gestion, de la billetterie et désormais de l'espace presse. « Nous avions estimé que notre concurrent Le Furet du Nord drainait chaque jour quelque 800 clients additionnels grâce à son rayon presse, explique-t-il. Dans le même temps, deux kiosques à journaux aux alentours ont fermé. Nous avons décidé de saisir l'opportunité. » Un dossier est constitué avec l'aide des Nouvelles Messageries de la Presse parisienne (NMPP) puis présenté au directeur Nord-Est de la Fnac, qui le soumet au comité de direction nationale. Qui donne son accord. « Fnac Presse occupe le local de l'ancien café du magasin, explique Claude Louis. Cela nous paraissait primordial de ne pas faire un rayon intégré, pour instaurer une réelle gestion unitaire au titre. » La boutique, qui étrenne un logo bico-lore blanc et noir Fnac Presse, occupe 80 m2 (plus des réserves de 50 m2) à l'entrée la moins fréquentée de ce magasin. Au siège, le service développement s'est chargé de la conception et de l'aménagement. La sobriété est de mise : plancher au sol, murs et mobilier - deux meubles bas et un comptoir de deux caisses - d'un rouge laqué sombre, étagères en aluminium.

Pari gagné côté trafic

45 000 E ont été investis, plus 5 000 E pour les caisses et le logiciel de gestion spécifique à la presse. Fnac Presse a sélectionné 3 200 titres, soit 11 000 revues en stock, dans une quinzaine de grands domaines - vie quotidienne, sports, sciences, étranger, culture, jeunesse, loisirs, enfants, art de vivre... Au fil des mois et à la demande de la clientèle, les offres étranger et technologies se sont développées. « Le risque financier n'est pas très important, commente Claude Louis. Le stock fonctionne selon un système de dépôt-vente avec les NMPP. » En revanche, il a fallu s'adapter aux spécificités de la presse : le distributeur local des NMPP livre, chaque matin à 5 heures, entre 300 et 500 journaux et reprend 100 à 150 invendus. À tour de rôle, un des trois salariés dédiés trente heures par semaine arrive à 7 h 30 pour réceptionner. Les horaires d'ouverture, eux, sont calés sur ceux du magasin, 10 heures-19 heures.

Au bout de sept mois, le premier bilan semble plutôt positif, avec 6 000 passages en caisses en moyenne chaque mois, environ 10 % des encaissements totaux du magasin. « En termes de trafic, le pari est gagné, estime Claude Louis. Nous devrions vite atteindre les 8 000 acheteurs mensuels, d'autant que la saisonnalité des ventes de presse est plus forte au cours des quatre derniers mois de l'année. » Avec un panier moyen de 4,30 E, le chiffre d'affaires mensuel tourne actuellement à 30 000 E. « La première année, nous devrons réaliser 500 000 E pour équilibrer l'activité, estime Claude Louis. À terme, nous visons un chiffre d'affaires de 800 000 E par an. »

L'espace doit encore gagner en visibilité. Un marquage au sol avec un logo presse est prévu pendant trois mois. En 2006, un espace de convivialité, avec quelques tabourets hauts, des tables et des distributeurs de boissons, devrait contribuer à rendre le lieu plus attractif. Au niveau national, ce test est suivi avec intérêt. Qui sait, l'expérience pourrait un jour être dupliquée dans d'autres Fnac françaises, à l'image de ce qui se fait en Espagne.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 1922

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous