Fnac : une polémique mort-née autour du bonus perçu par le Pdg Alexandre Bompard

|

Alexandre Bompard, Pdg de la Fnac, s'apprêterait à toucher plus de 11 millions d'euros de bonus au titre du plan de performance de la Fnac, qui s'achève en 2015. Une somme qu'il promet de réinvestir dans son intégralité dans l'entreprise.

Alexandre Bompard va réinvestir dans son entreprise la totalité du bonus qu'il touchera, annonce-t-il.
Alexandre Bompard va réinvestir dans son entreprise la totalité du bonus qu'il touchera, annonce-t-il.

C’est le jour des sujets de philosophie, début des épreuves du Bac oblige… Allons-y de notre petite interrogation, alors : "Si un bonus perçu par un Pdg ayant échoué est éminemment choquant, qu’en est-il de celui touché par un Pdg qui a réussi ?"

Magie de l’actualité, on a en ce mercredi 17 juin un cas d’école à se mettre sous la plume. Le Canard Enchaîné révèle, dans son édition du jour, que le Pdg de la Fnac, Alexandre Bompard, devrait toucher 11,6 millions d’euros de bonus au titre du plan de performance mis en place par l’enseigne.

Plus de 11 millions d’euros… Cela représente 28% du résultat net dégagé par la Fnac en 2014 – 41 millions d’euros. Si la Fnac a tenu à réagir en précisant que le montant des sommes qui pourraient être allouées au Pdg n'est à ce jour "pas encore défini", du fait que celles-ci sont liées à la valeur du cours de Bourse de l’entreprise, dont le flux varie fortement, et que le plan de redressement de la Fnac n'arrive à échéance que fin 2015, cela reste toutefois une sacrée somme.

Plusieurs défis relevés ou en passe de l'être

La Fnac le reconnaît d’ailleurs, en évoquant un montant qui « sera certainement significatif », dans la mesure où il est adossé à la valorisation du groupe, passée d'environ 300 millions euros en 2013 à environ un milliard aujourd'hui.

Dans tous les cas, à entendre Pierre Gattaz, patron du Medef interrogé sur France Info, ce n’est finalement rien d’autre que la juste récompense du bon travail accompli : "M. Bompard a redressé la Fnac, eh bien bravo, il a droit à un bonus", a-t-il ainsi réagi.

Formellement, c’est rigoureusement exact : Alexandre Bompard, arrivé à la tête de la Fnac à la fin de l’année 2010, est parvenu à arrêter l’hémorragie du chiffre d’affaires : après trois années de recul (-3,2%, -2,5% et -3,1%), la Fnac est quasi revenue dans le vert en 2014 avec des ventes en léger recul de 0,3%, à 3,895 milliards d’euros. Le tout sur des marchés en reculs beaucoup plus marqués. Le signe, ainsi, que la Fnac fait bien mieux que la concurrence et grappille des parts de marché.

LSA listait récemment les autres défis relevés par le Pdg, depuis la sortie du giron de PPR (devenu Kering depuis) et l’introduction en Bourse jusqu’au développement en franchise de l’enseigne, qui part ainsi à la conquête de nouveaux territoires pour elle, en passant par le bouleversement de l’offre et l’introduction de nouvelles familles de produits pour compenser les baisses des marchés de la musique et du DVD.

Juste récompense du travail accompli ?

On le voit, ce ne sont pas les chantiers lancés, en cours ou achevés, qui manquent. Que l’instigateur de ces mouvements de fonds s’en trouve récompensé, voilà qui n’a rien de choquant. A condition, évidemment, que les salariés "de base", sans qui rien, évidemment, n’aurait été possible, et rien ne sera possible dans l’avenir, en recueillent les fruits eux aussi.

Selon la CFTC, le montant de la participation pour le groupe, pour 2015, est de 414 € brut en incluant les 100 € de "prime exceptionnelle Bompard".

 

On pourra disserter des heures et des heures sur ces montants comparés, et les éventuelles injustices qui vont avec, mais cela nous éloignerait du sujet. Qui est ? Qui est de voir comment la Fnac a pu éteindre l’incendie aussi vite. Sitôt l’information du Canard Enchaîné révélée, le groupe a su réagir : "ce type de plan existe dans la plupart des entreprises cotées et est assis exclusivement sur la performance et la création de valeur pour l’entreprise".

Des sommes intégralement réinvesties

Surtout, le groupe insiste sur le fait que les gains correspondants au plan de performance qu’Alexandre Bompard touchera seront "intégralement réinvestis dans la société", "et ce pour une durée d'au moins deux ans". En vérité, un engagement que le PDG a pris sans attendre ces révélations du Canard Enchaîné, puisque déjà annoncé le 29 mai 2015 devant le conseil d'administration du groupe.

 

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.
Franchise explorer

Franchise explorer

L’expertise au service du secteur de la franchise

Toute l'actualité

Toute l'actualité des secteurs d'activité en franchise

X

Recevez chaque semaine l'actualité des réseaux de franchise de la grande distribution et de la restauration.

Ne plus voir ce message