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Food delivery : Keatz lève 12 M € pour développer ses cuisines fantômes

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La start-up allemande emploie 200 personnes qui mitonnent dans ses 10 cuisines situées en Allemagne, en Espagne et au Pays-Bas des plats uniquement destinés à être livrés par les géants de la food delivery, UberEats et autres Deliveroo.

Food delivery : Keatz lève 12 M € pour développer ses cuisines fantômes.
Food delivery : Keatz lève 12 M € pour développer ses cuisines fantômes.© Keatz

Les 10 cuisines destinées à la livraison ouvertes par la start-up allemande Keatz depuis sa création au printemps 2016 séduisent les investisseurs, qui en redemandent : elle vient de boucler un tour de table de 12 millions d'euros auprès des fonds d'investissement Project A Ventures, UStart, K Fund et JME Ventures, ainsi que de l'incubateur Atlantic Food Labs, qui avaient déjà participé à sa précédente levée de fonds de 7 millions d'euros, annoncée en mai 2018. Le fonds d'investissement russe RTP Global a également participé à ce tour de table.

Keatz, basée à Berlin, prévoit d'ouvrir de nouvelles cuisines pour livrer sur Deliveroo, UberEats, Glovo, JustEat, Delivery Hero ou encore TakeAway, en plus de celles qu'il a déjà lancé dans la capitale allemande, mais aussi à Amsterdam, Madrid, Barcelone et Munich. Plats japonais chez Ono ono poké, thaïlandais chez Moody monkey, burritos mexicains chez Gringos… L'entreprise a créé huit marques différentes de "restaurants fantômes", dont les plats ne peuvent être consommés par les clients que dans leur home sweet home, au bureau...

Tailler dans les coûts

Ce concept séduit les investisseurs car il permet de couper dans les coûts traditionnellement associés à la restauration. Pas de salle pour accueillir les clients donc moins de frais immobilier. Ces derniers sont également moins élevés que chez les restaurateurs car s'ils n'ont pas besoin d'être situés dans des rues très passantes. Ils peuvent élire domicile dans un quartier résidentiel par exemple. Par ailleurs Keatz n'a pas besoin de payer des serveurs, ni de laver les nappes, assiettes, verres et couverts. Il n'est pas nécessaire de créer un espace pour cuisiner les plats de chaque restaurant fantôme créé par Keatz pour que les clients distinguent bien les différentes marques. Comme la préparation se passe à l'abri des regards, ils sont tous mitonnés dans chacune des 20 cuisines ouvertes par la start-up. L'entreprise, qui reverse environ 30% de son chiffre d'affaires aux sociétés qui livrent ses produits, dispose ainsi sur ce business de marges plus confortables que celles de ses concurrents restaurateurs qui livrent également des repas via les plateformes de food delivery.

Keatz emploie à date environ 200 personnes dans ses 10 cuisines. Mais elle espère d'ici quelques années remplacer une partie de ses cuisiniers par des robots plus efficaces que l'Homme, capables de préparer des repas à la chaîne comme dans une usine. Encore un moyen d'augmenter ses marges, si les volumes écoulés sont suffisamment importants pour amortir les frais fixes élevés qu'impliquent l'installation de ces appareils dans des cuisines, espaces encadrés par un ensemble de normes d'hygiène très strictes. Pour mener à bien ce projet d'automatisation, Keatz passera par des partenaires extérieurs, spécialistes du développement de ces robots culinaires.

Booster la satisfaction client

Mais la société ne mise pas que sur la réduction des coûts : elle veut également faire décoller la satisfaction client. Les restaurants traditionnels conçoivent des repas faits pour être consommés sur place. Keatz pense directement ses recettes pour que les plats soient faciles à transporter, pour qu'ils restent chauds malgré les 15 minutes de trajet, pour qu'ils soient présentables même s'ils ont été secoués sur la route, pour que les aliments ne soient pas ramollis même si la vapeur dégagée par la nourriture est restée emprisonnée dans le panier repas pendant le voyage…

La jeune pousse n'est pas la seule en Europe à avoir collecté des fonds avec ce concept : la parisienne Taster a levé 4 millions de dollars en juin 2018 pour développer ses cuisines invisibles. Le géant de la Food Delivery Deliveroo a lui aussi créé, notamment en Île-de-France, des lieux dédiés à la préparation de repas à livrer, baptisés Espaces Edition, dans des quartiers où l'offre manque. Le groupe installe dans ces cuisines des restaurateurs triés sur le volet qui lui payent une commission supérieure à celle versée par les restaurants classiques. Si cette activité fonctionne aussi bien que l'espèrent les investisseurs de ces start-up, il se pourrait qu'un jour Deliveroo rachète l'une de ces jeunes pousses. Deliveroo est pour le moment le seul géant de la food delivery à se lancer dans ce pari risqué, car il implique d'importants investissements immobiliers.

 

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