Food Tech, startup, potager connecté : comment InVivo planche sur l’alimentation de demain

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Une quarantaine de start-up se sont réunies mardi 18 octobre 2016 au BIC de Montpellier pour participer à la première édition de "Nurture the Future", organisée par Néodis, la filiale de mise en marché d’InVivo Retail. Objectif : capter l’innovation agroalimentaire et mettre les jeunes pousses sur les rails de la distribution.

Néodis, la filiale de mise en marché d’InVivo Retail, a organisé cet événement avec le BIC (Business Innovation Center) de Montpellier et Montpellier SupAgro.
Néodis, la filiale de mise en marché d’InVivo Retail, a organisé cet événement avec le BIC (Business Innovation Center) de Montpellier et Montpellier SupAgro.© LSA

Très actif sur l’innovation, InVivo poursuit ses recherches sur les tendances qui vont affecter le secteur agroalimentaire dans les prochaines années. Et pour mieux identifier les défis de l’Agriculture et de l’Alimentaire "4.0", le premier groupe coopératif agricole français a fait appel aux start-up. Au cours d’une journée de réflexion baptisée "Nurture the Future", organisée le 18 octobre 2016 en partenariat avec le BIC de Montpellier et Montpellier SupAgro, il a convié une quarantaine de jeunes pousses à découvrir son programme d’incubation, dont plus de la moitié ont "pitché" (c’est-à-dire défendu les projets), devant des experts. Objectif : favoriser l’accélération commerciale, accompagner la montée en puissance des projets et leur ouvrir les portes des marchés agricoles et agroalimentaires via Néodis, la filiale de mise en marché d’InVivo Retail. Pour InVivo, il s’agit également de répondre à un certain nombre de problématiques économiques et sociétales grâce à la technologie. "Aujourd’hui, on observe une montée des préoccupations des consommateurs face à la pollution, à la surconsommation ou à la crise, analyse Françoise Riera-Dabo, consultante chez FRD Conseil. L’innovation peut répondre à ces inquiétudes et porter un nouveau projet de société". Il s’agit donc de prévoir les modes de consommation du futur en prenant en compte ces tendances, et définir des innovations pertinentes en phase avec les nouvelles attentes des consommateurs. Envie de manger local, favoriser une agriculture responsable, faire des économies… En résumé, "Nurture the Future" a pour but d’identifier les meilleures réponses des jeunes pousses face aux bouleversements de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

La complexité d’une mise sur le marché, une réalité

Mais attention, prévient-on chez InVivo. Les bonnes intentions ne suffisent pas. "Il faut marketer l’offre, penser à sa visibilité et à sa lisibilité en point de vente", rappelle Yves Christol, DG de Néodis, à l’adresse des startupper. Pricing, cycle de vie du produit, business plan, gestion qualité, réglementation, stocks, négociations, référencement, mise en rayon, service après-vente, veille… Autant d’étapes qui, si elles sont négligées, peuvent conduire à l’échec du lancement. Pour Frédéric Volle, fondateurs d’Abso Conseil, il faut aussi tenir compte des spécificités du secteur. "L’agroalimentaire est un modèle à part pour les start-up, il touche et éclate les segments et les marchés". Faisabilité du projet, création d’espaces de démonstration, dépôt de brevets, forme de financement, définition des risques juridiques, accord de confidentialité ou de partenariats, outils de propriété intellectuelle, rédaction des statuts, choix du fabricant… "Il faut penser à sécuriser et pérenniser son entreprise", ajoute Olivier Mazou, du Cabinet d'avocats OM LEGAL, qui rappelle que "le droit est l’outil de l’innovation". Autant de mises en garde d’experts qui mettent en exergue la complexité d’une mise sur le marché… et le désarroi dans lequel sont plongées des jeunes pousses rarement préparées.

Un potager connecté co-conçu avec des entreprises du monde entier

Pour montrer l’exemple, InVivo a présenté des prototypes de Kitchen Gardening, une gamme de références coréalisées avec des jeunes pousses. Pendant plusieurs mois, les équipes du groupe ont sillonné le monde à la recherche de start-up travaillant sur le concept de jardin intérieur urbain. "Il s’agit de faire rentrer le potager dans la cuisine", précise Yves Christol. Le principe : un potager de poche connecté qui permet de cultiver une variété de fruits ou de légumes à l’intérieur d’une habitation grâce à l’hydroponie, un système de culture hors-sol qui garantit des conditions de croissance optimale, grâce, entre autre, au numérique.

A l’arrivée, 130 références connectées et personnalisables seront mises sur le marché dès mars 2017. "C’est une innovation disruptive, décalée, qui répond à plusieurs besoins dont l’envie de se réapproprier l’agriculture", ajoute Yves Christol. La gamme Kitchen Gardening cible également les jeunes urbains connectés, qui manquent de temps, d’espace et d’expertise pour réussir une culture potagère ou fruitière. Au-delà du processus de création, démonstration très concrète de ce que peut être une collaboration entre un grand groupe et des jeunes entreprises, le groupe compte mettre à profit une double expertise : le potager, cœur de métier de ses enseignes de jardinage, et le réseau de distribution, constitué de quelque 1 200 points de vente.

Pérenniser le programme d’incubation

Le programme de Néodis consiste donc à accompagner la jeune pousse sur les étapes suivantes : le sourcing, le marketing, la logistique et la commercialisation. Les start-up retenues bénéficieront d’un financement via le fonds d’amorçage InVivo Invest (5 millions d’euros) et de l’accompagnement de leur projet jusqu’au stade de la mise en marché dans les réseaux de distribution physiques d’InVivo Retail (Gamm-Vert, Delbard, Frais d’ici) et en ligne (plantes-et-jardins.com). Sur l’ensemble des jeunes pousses présentes pour ce premier événement, toutes n’auront pas l’opportunité de bénéficier d’un accompagnement et d’un coaching. Les meilleurs projets seront sélectionnés et on connaîtra dans une quinzaine de jours les lauréats du programme.

Quant à InVivo, il n’exclut pas de réorganiser cet événement l’année prochaine, peut-être encore à Montpellier. Le groupe a signé en début d’années un partenariat pluriannuel avec SupAgro Montpellier pour une durée de trois ans. Il y a par ailleurs implanté SMAG, son laboratoire spécialisé dans la data agricole. Le groupe profite du dynamisme historique de la ville, à la fois sur le secteur agroalimentaire, dans la recherche et sur les problématique numériques via le BIC, 4e incubateur mondial et labellisé "French Tech", pour pérenniser son programme. Histoire de montrer que loin d’être un terme à la mode, les incubateurs sont peut-être l’avenir de l’agroalimentaire... à condition que grands groupes et start-up travaillent main dans la main.

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