Formalisme

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EDITORIAL"Le formalisme ne doit pas conduire au dogmatisme."


À quoi peut-on mesurer le degré de tension partagée par les industriels et les distributeurs à la veille de l'ouverture des négociations commerciales ?  À la participation de leurs principaux représentants à la Rencontre annuelle, organisée par LSA en ce mois d'octobre !

Rarement conférence sur les négos aura rencontré un tel succès. Par la qualité des intervenants  -ministre, présidents de fédérations professionnelles, patrons d'enseignes, experts...-  comme par la qualité de plus de 200 participants, acteurs privilégiés de la mise en oeuvre de la loi Dutreil. La période qui s'ouvre s'annonce délicate. Une loi pour partie apprivoisée. Un nouveau cliquet à verrouiller : 15% et non plus 20% de marges arrière. Une obsession  contradictoire : tenir sa propre marge sans rien (ou ne pas trop) céder à son interlocuteur. Et ne pas mettre en péril sa capacité de séduction auprès du consommateur, arbitre ultime de toutes les tensions d'arrière-boutique.

Que les négociations s'annoncent rudes, comme le pressent Serge Papin (Système U), rien que de bien classique! Qu'elles soient de nature à conforter la croissance retrouvée de telle ou telle grande enseigne, ce n'est pas là le moindre mérite, ni le moindre des paradoxes de la nouvelle loi. Nul, à l'image d'un Carrefour ou d'un Groupement des Mousquetaires, ne s'en plaindra ! La loi Dutreil n'échappe pas à la complexité. Et le respect de son «formalisme», cher au directeur général de la DGCCRF, mérite sans doute plus grande attention.

Qui contestera pourtant que la nouvelle loi a non seulement remis les enseignes et les industriels au coeur d'un débat concurrentiel clarifié, mais aussi -débarrassée des miasmes de la loi Galland- redonné du pouvoir d'achat au consommateur ? La loi a invité l'ensemble des acteurs à se remettre en question.

Une première année d'application a montré que, dans leur très grande majorité, les acteurs ont su se l'approprier et l'utiliser comme un tremplin au service d'une dynamique commerciale accrue. Il n'est d'ailleurs pas indifférent d'entendre les PME se féliciter d'une croissance retrouvée comme d'une plus grande écoute de la part des acheteurs en centrales !

Mais parce que la loi n'échappe pas à la complexité, elle ouvre la voie à de nouvelles tentatives de contournement. Or, c'est tout le bénéfice attendu des conditions d'une véritable négociation retrouvée qui pourrait être remis en question. Personne n'y  a véritablement intérêt. Voilà pourquoi le formalisme ne doit pas conduire au dogmatisme.
Henri Loizeau, hloizeau@lsa.fr
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