France En retard sur l'Europe

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Sur le plan agricole, la France est à la traîne de ses concurrents européens en matière de bio. Le dynamisme est par contre plus prononcé en matière de consommation, avec une croissance régulière, qui a atteint 10 % l'an dernier.

  A première vue, le bio à tout pour plaire en France, avec des ventes estimées à 3,3 milliards d'euros en 2010, et un marché en hausse de 10% l'an dernier (+ 19% en 2009...). Mais une rapide mise en perspective au niveau européen permet de relativiser le poids de la catégorie, qui accuse un léger retard vis-à-vis d'autres pays. Les plus optimistes ne manqueront pas de transformer ce handicap en socle de développement pour demain, mais force est de constater que la France ne sera pas au rendez-vous de sa principale échéance. Avec 2,9% de la surface agricole utile (SAU) cultivée en bio à fin 2010, elle n'arrivera pas - sauf miracle - à atteindre les 6% fixés par le Grenelle de l'Environnement pour 2012. Quant aux 20 % de la SAU bio espérés pour 2020, il est encore trop tôt pour juger, mais l'objectif est ambitieux.

Chiffre d'affaire du marché du bio par pays, en millions d'euros, en 2009.

LES CHIFFRESLe marché du bio en Europe

LA FRANCE EST BIEN CALÉE à la deuxième place, mais c'est bien le moins pour un pays assez peuplé, dont le secteur agricole et la distribution sont très développés. Malgré ses atouts, le différentiel est assez prononcé avec le voisin allemand.

Malgré - ou à cause de ? - son statut de grande puissance agricole, la France n'apparaît qu'au cinquième rang européen en termes de superficie convertie en bio (850 000 ha environ). Cependant, l'essentiel du travail est encore à accomplir. « Pour des raisons spécifiques à chaque pays, chacun va plus ou moins vite sur le bio. En Grande-Bretagne, la bulle du bio, en réponse à la crise de la vache folle, se dégonfle aujourd'hui. Et nous sommes quand même plus en avance en France qu'en l'Italie ou en Espagne, où l'agriculture traditionnelle est encore très présente, d'où un intérêt peut-être moindre pour le bio. Le bio est une réponse au développement des produits alimentaires transformés », observe Didier Suberbielle, président du directoire de Nutrition et Santé.

LE CHIFFRE

3,3 MRDS € La taille du marché bio en France en 2010.

Source : Agence bio

LA PHRASE

« Pour des raisons spécifiques à chaque pays, chacun va plus ou moins vite sur le bio. En Grande-Bretagne, la bulle du bio, réponse à la crise de la vache folle, se dégonfle aujourd'hui. Et nous sommes quand même plus en avance en France qu'en Italie ou en Espagne, où l'agriculture traditionnelle est encore très présente, d'où un intérêt peut être moindre pour le bio. Le bio est une réponse au développement des produits alimentaires transformés. »

DIDIER SUBERBIELLE, président du directoire de Nutrition et Santé

Si le volet agricole du bio reste perfectible, en aval, la consommation affiche un dynamisme certain. Parmi d'autres, Nutrition et Santé, présente sur l'alimentation diététique et le bio, connaît ainsi une croissance régulière, de nature à donner confiance dont le secteur a besoin. Car les Français ne sont pas encore de gros dépensiers, avec un panier moyen annuel à 47 €, loin des Danois (139 €), des Suisses (132 €) ou des Allemands (71 €). Et pourtant, « les motivations d'achat sont assez proches pour tous les Européens », relevait Pascale Grelot-Girard, directrice du département consumer de TNS Sofres lors de la conférence sur le bio organisée par LSA. Reste que le prix ou l'insuffisance de l'offre sont des freins assez puissants. Les acheteurs vont donc devoir être stimulés par les efforts des fabricants, mais aussi des distributeurs, qui ont tout à gagner à une démocratisation.

UN SOCLE POUR DE MEILLEURS LENDEMAINS ?

Plein de bonnes intentions vis à vis du bio, le consommateur français devient plus frileux au moment de passer à la caisse. Le montant du panier moyen tricolore n' atteint en effet que 47€ par an, en queue de peloton de l'étude IFOAM, bien loin des meilleurs élèves. Qu'il s'agisse d'une largeur de gamme insuffisante aux yeux des clients, ou d'un manque d'intérêt, les pistes de développement existent. Et l'espoir est loin d'être vain ! À deux chiffres, la croissance du marché français en atteste. Il est même le plus dynamique de toute l'Europe.

Dépenses moyennes pour le bio par pays, en Europe, en €, en 2009.
Évolution des marchés du bio par pays, en Europe, en %, en 2010, par rapport à 2009.

 

Crise, diversité, authenticité

 

Car, avec un marché global estimé à 3 milliards d'euros en 2009, la France est distancée par l'Allemagne et ses 5,8 milliards d'euros. Le Royaume-Uni vient compléter le podium, mais la fragilité de ses ventes sonne comme un avertissement, avec un recul de 5,9% en 2010 (à 1,94 milliard d'euros), qui suit une année 2009 déjà difficile (chute de 12,9%). Heureusement « le bio a passé le cap de la crise financière, à l'exception de la Grande-Bretagne, et avec des ralentissements dans les marchés mûrs », notait Burkhard Schaer, directeur du cabinet d'études Ecozept, lors d'un colloque sur les produits alimentaires transformés bio co-organisé par Interbio Bretagne, le 21 avril dernier à Rennes. Dans un point destiné à cerner les attentes des clients bio en France et en Europe, Ecozept a rappelé qu'ils attendent plus « de diversification et d'authenticité ». Des leviers qu'il va falloir actionner pour continuer à recruter. Selon l'Agence Bio, les Français ayant consommé des produits bio au moins une fois par mois étaient 43% en 2010, contre 46% en 2009.

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Article extrait
du magazine N° 2184

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