François Loos (Ademe): « Il faut se préparer à diviser l’émission de CO2 par quatre »

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François Loos, président de l'Ademe et ancien ministre du Commerce extérieur puis de l'Industrie, expose pour LSA les raisons qui poussent l'Ademe à signer des chartes avec les fédérations d'entreprises comme il vient de le faire avec la CGI, après la FNTR. Pour lui, il faut se préparer dès maintenant à la division par 4 des émissions de CO2 d'ici 2050.

François Loos incite les grossistes à réduire les émissions de CO2
François Loos incite les grossistes à réduire les émissions de CO2

LSA : Vous venez de signer une charte pour la réduction de CO2 avec les grossistes. Pourquoi cet engagement est-il important et pourquoi n’y a-t-il pas d’objectif de volume lié à cet accord ?

François Loos : Cet accord est important parce que la CGI est une énorme organisation qui comprend 120.000 entreprises et qui est susceptible d’entraîner beaucoup de progrès. Et le progrès chiffré qui est noté dans l’accord, c’est de parvenir à ce que 10 % des entreprises, soit 12.000, adhérent à la charte et s’engagent à faire des efforts pour réduire leur émission de CO2. C’est le même type d’accord que nous avons signé avec la Fédération national des transporteurs routiers (FNTR). L'objectif est très ambitieux, même si  10 % peuvent paraître faibles, car en réalité, les premiers signataires sont toujours les plus grandes entreprises et ces 10 % peuvent représenter jusqu’à 50 % des économies à réaliser. Par ailleurs, il s'agit d'un premier pas, avec un accord qui vaut pour trois ans. Mais nous l’approfondirons au fur et à mesure des progrès réalisés. Enfin, les entreprises de la CGI ne sont pas toutes soumises à des bilans gaz à effet de serre, pour lesquels il faut une certaine taille. Au final, nous tiendrons une comptabilité et la CGI publiera un compte-rendu des résultats tous les ans.  L’objectif global de l’Ademe est la division par quatre des émissions d’ici 2050, il faut s’y engager dès maintenant pour y parvenir.  

LSA Quelles sont les bonnes pratiques conseillées pour les entreprises du BtoB ?

François Loos : Dans le cadre des entreprises qui utilisent des camions, les bonnes pratiques portent sur l’organisation de la logistique mais aussi sur la bonne façon de conduire les véhicules grâce à des formations pour les chauffeurs. Par exemple, un camion qui consommerait 38 litres au 100 kilomètres, peut tomber à 32 litres avec une bonne conduite. C’est une première étape. Ensuite, on peut changer le matériel, mais le premier gain se situe dans le comportement, avoir à l’esprit l’objectif de réduire les émissions. Ce qui vaut d’ailleurs pour le transport comme pour toutes les autres professions. En étant plus attentif aux questions énergétiques, on procède forcement à des économies.

LSA : Avec le transport, vous pensez que l’effort d’économie d’énergie doit aussi porter sur l’habitat et les bâtiments. Les bâtiments professionnels sont-ils concernés ?

François Loos : En premier lieu, nous visons d’abord les HLM et de l’habitat privé. Ce sont les bailleurs des bâtiments qui peuvent faire des travaux, et il y a des systèmes incitatifs pour eux. Mais pour les bâtiments professionnels, la CGI est trop vaste pour prendre des engagements, les actions se font secteur par secteur, les professions s’adressent directement à l’Ademe et nous leurs donnons les axes de bonnes pratiques en la matière.

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