Frédéric Gervoson à l'assaut de l'ultrafrais

|

Le patron d'Andros confirme ses ambitions sur l'ultrafrais, tout en poursuivant son travail de fond sur les MDD et en explorant un nouveau débouché, le surgelé.

Un long, très long moment de réflexion. Puis il lâche : « Cet oscar est une très bonne nouvelle. Pas pour moi, mais pour les équipes d'Andros qui ont fait un superboulot. En plus, c'est une reconnaissance de la part de nos clients distributeurs et ça, c'est très important pour nous. » Tout Frédéric Gervoson en quelques mots. Le patron du champion européen du fruit transformé déteste se mettre en avant, mais adore jouer collectif. Ses cadres l'apprécient : direct, simple, disponible, enthousiaste, hyperdynamique. La hiérarchie est très courte dans l'entreprise familiale où, tous les matins, passe encore le père, Jean Gervoson.

À 56 ans, son fils a fait sien l'adage : « Pour vivre heureux vivons cachés. » Une interview, il n'en accorde jamais. Ses déclarations, il les garde pour ses salariés et surtout pour ses clients, priorité d'un groupe qui se veut le champion des MDD. Même chose pour sa stratégie : « Pourquoi l'exposer et risquer d'en faire profiter mes concurrents ? » - Lactalis, Senoble et Yoplait. Uniquement des groupes laitiers car, dans le secteur des fruits transformés, le confiturier et compotier de Biars a fait le vide, et le rachat en début d'année, à Materne, de l'usine de Boin, son voisin et rival de toujours, est plus qu'un symbole.

Reste que la stratégie d'Andros commence à se voir. De même que la croissance du groupe. Tellement que Lactalis a tenté de contrer, ce printemps, devant le tribunal de commerce de Laval qui s'est déclaré incompétent, le lancement spectaculaire de la gamme de yaourts et desserts ultrafrais sous la marque Bonne Maman. Arguant que les yaourts à la confiture de la marque haut de gamme du groupe contenaient trop... de confiture (sic) : 35 %, pour 30 % admis par le secteur !

 

Le rayon redynamisé

C'est que le débarquement en masse des 26 références Bonne Maman, avec des recettes aussi originales que le pain brioché ou le petit caillé, a fait l'effet d'une bombe dans un rayon ultrafrais sinistré. « C'est un beau lancement qui a réveillé le marché », reconnaît un distributeur. Et surtout révélateur de la stratégie du groupe qui déplace, depuis le rachat de la Générale Ultra Frais (devenue Novandie), son centre de gravité industriel des fruits transformés vers les produits laitiers, et son centre de gravité commercial, des rayons épicerie vers les secteurs réfrigérés des grandes surfaces ou de la restauration, plus rémunérateurs. Le groupe y a mis les moyens. On évoque 300 millions d'euros en deux ans. Bâtissant une usine ultramoderne à Auneau (Eure-et-Loir) où sont fabriqués les desserts Bonne Maman.

L'avenir semble, lui aussi, tout tracé. Fin 2006, Andros a, en effet, acquis un spécialiste des pâtisseries et desserts surgelés, Prolainat, un voisin basé dans le Gers. « C'est un peu un centre de développement : on observe, on apprend, on améliore la productivité », glisse Frédéric Gervoson. Pourtant, avec cette technologie, c'est aussi un marché mondial qui s'ouvre à Bonne Maman.

Testez LeMoniteur.fr en mode abonné. Gratuit et sans engagement pendant 15 jours.

Toutes les actus de la consommation et de la distribution

je m’inscris à la newsletter

Article extrait
du magazine N° 2070

Couverture magasine

Tous les jeudis, l'information de référence de la grande consommation Contactez la rédaction Abonnez-vous