Fruité se muscle au Teisseire

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L'entreprise familiale s'offre le numéro un des sirops en France. Avec ce portefeuille élargit, le nouvel ensemble, qui dégage un chiffre d'affaires de 280 millions d'euros, atténue les risques.





Que va devenir Teisseire ? Les concurrents et les distributeurs sont dans l'expectative, depuis que le rachat du numéro un des sirops en France par Fruité a été rendu public, le 25 novembre. Au terme du contrat conclu entre les deux parties, les actionnaires majo- ritaires de Teisseire France, Éric Reynaud, Éric Besnoit et Serge Petit, ont cédé à Fruité Entrepri- se la totalité de leurs participations directes ou indirectes, soit 71,84 % du capital de l'entreprise savoyarde. Une acquisition de taille, pour Fruité, dont le chiffre d'affaires 2003, de 140 millions d'euros, est inférieur à celui de sa proie, qui a réalisé des ventes de 156 millions d'euros.



Le fondateur et président de Fruité, qui a bâti son groupe en seu- lement dix ans, a été contraint d'ouvrir son capital à un grou- pe agroalimentaire saoudien, Al-Munajem. De quoi raviver les rumeurs sur la finalité réelle de cette opération, considérée par certains comme purement spéculative. Dans un communiqué, Philippe Meunier assure pourtant que lui et son partenaire partagent le même objectif de « développement industriel et commercial, à long terme, du nouveau groupe ». En cédant Teisseire à « un prix maximal de 75 E par action », soit 12 % de mieux que le cours de la Bourse, Éric Reynaud et ses alliés réalisent une belle opération. Mais qu'en est-il pour Fruité ? En France, le marché des sirops est très difficile. Offrant de faibles marges, dominés à plus de 60 % par les MDD et les premiers prix, les sirops ne sont pas les boissons les plus dynamiques de la catégorie des liquides. Oublié 2003 et « l'effet canicule ». Sur les huit premiers mois de l'année, le marché des sirops est retombé à 75 794 litres, à comparer aux 85 009 litres de 2003, 76 394 litres de 2002 et 79 042 litres de 2001.







Une pression forte sur les prix




Fruité aura fort à faire pour défendre le pré carré de sa nouvelle marque. Face à une pression sur les prix de plus en plus forte, son concurrent direct, Berger (Marie-Brizard), a choisi depuis bientôt deux ans de ne pas augmenter ses prix. De son côté, le savoyard Routin, qui a été le premier à développer une bouteille en plastique, s'apprête à étoffer son offre avec un bidon en aluminium brossé. Récemment, Teisseire a réussi à signer avec Intermarché, après plus de dix ans de négociations, et sa gamme de sirops allégés a reçu un accueil favorable des consommateurs. Ensemble, Teisseire et Fruité vont surtout doubler de taille, avec un chiffre d'affaires total de 280 millions d'euros, et un portefeuille de marques suffisamment diversifié pour réduire les risques, en cas de retournement de tendance ou de guerre des prix, tant dans les sirops que dans les jus de fruit ou les yaourts.



















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Article extrait
du magazine N° 1885

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