Marchés

Fruits d'été Déficit à prévoir

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PRÉVISIONS p La gelée de Pâques a fait disparaître la moitié de la récolte d'abricots, un tiers des pêches et un cinquième des nectarines. De faibles volumes qui présagent de la tension sur les prix.

Les espoirs des producteurs français d'abricots, pêches et nectarines de réaliser une bonne campagne 2008 ont été mis à mal lors du week-end pascal. Le gel a détruit une large part du potentiel de récolte du Gard et de la Vallée du Rhône, alors que la douceur de l'hiver avait entraîné une grande précocité des vergers. Réunie les 23 et 24 avril à Perpignan pour la rencontre européenne Europêch', la filière a découvert les premières prévisions de récoltes (lire ci-dessous). Le verdict confirme les craintes, même si l'impact du gel sera affiné à la fin mai : la production française est en chute libre, particulièrement celle des abricots.

Plus précoces, les abricotiers ont en effet été les plus secoués, notamment ceux de la Drôme, premier bassin de production français. Jérôme Jury, président de la section abricot de BRM (Bassin Rhône Méditerranée), coorganisateur d'Europêch', explique : « Nous avons connu une deuxième gelée le 7 avril en Rhône-Alpes qui a fait encore plus de dégâts, car les fruits étaient à nu. Le gel a écrémé toute la gamme variétale. »

 

Plusieurs pays touchés

Le Gard, deuxième producteur, n'est pas mieux loti. L'événement contrarie le projet de relance de la chambre d'agriculture locale, qui souhaite l'allongement du calendrier de production d'abricots et l'augmentation de 50 % (soit 40 000 tonnes) du potentiel du Gard. Seuls les producteurs du Roussillon, épargnés, devraient tirer leur épingle du jeu.

« Les importations ne seront pas une solution au déficit », estime Éric Hostalnou, chef de service arboriculture à la chambre d'agriculture du Roussillon. La région de Valence, en Espagne, ayant elle aussi été victime du gel, la récolte d'abricot ibérique, même supérieure de 47 % à celle de 2007 (extrêmement défi-citaire), reste en recul de 30 % sur son potentiel. Le nord de l'Italie, autre exportateur, n'a pas échappé au retour du froid durant les mois de mars et avril, et la production baisse dans la Botte de 17 %.

 

Des fluctuations de prix attendues

En pêche et nectarine, les productions de l'Espagne et l'Italie bougeront peu. Et comme en 2007, la production grecque sera renforcée d'environ 30 %. Mais les exportations, comme celles des abricots grecs, devraient partir vers la Russie, la Pologne et la République tchèque. Une orientation récente qui a permis à l'Europe occidentale de « digérer » la hausse ces dernières années des exportations espagnoles, liée à la forte croissance des surfaces des vergers et au moindre coût de la main-d'oeuvre.

Comment ces volumes décevants vont-ils jouer sur les prix ? Avec de faibles rendements à l'hectare, les charges fixes des arboriculteurs vont peser plus lourdement au kilo... Volontairement prudent, Laurent Favel (trésorier et membre du bureau de BRM) table sur des discussions sereines avec la distribution sur l'abricot : « Les acheteurs ont bien intégré que le fruit est capricieux. La dernière campagne a été économiquement satisfaisante, même si ce fut de manière hétérogène. » Il estime toutefois que les prix à l'expédition devraient augmenter : « Si la distribution applique le même coefficient, le prix au détail grimpera. »

Les cours des pêches-nectarines pourraient, comme en 2007, connaître de fortes fluctuations tout au long de la campagne, car les variétés n'ont pas été touchées dans les mêmes proportions. « Sur la pêche, les variétés précoces seront moins présentes, alors que la pêche rouge du Roussillon, qui n'a subi aucun dommage, arrivera en masse en juin », souligne Éric Hostalnou, chef de service arboriculture à la chambre d'agriculture du Roussillon.

Au final, malgré le déficit annoncé, les professionnels veulent croire que la campagne 2008 ne sera pas forcément mauvaise. Celle de 2007 avait été totalement déréglée par une météo de début d'été maussade. La faible demande avait dégradé les cours en début de campagne et augmenté le niveau des stocks. Les cours étaient remontés fin juillet avec le thermomètre et l'aide des actions flash (ventes parking) d'écoulement des stocks. Ce qui fait dire à Éric Hostalnou : « Quels que soient les volumes en magasins, la campagne sera bonne si en juin et juillet, le climat est au beau fixe dans les grands bassins de consommation. »

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