GAGNANT-GAGNANT

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De la crise économique à la récession, il n'y a parfois qu'un petit pas que l'économie française s'est, pour l'heure, officiellement, refusé à franchir. On pourrait s'en réjouir si le fil du rasoir sur lequel repose la croissance n'était aussi ténu. Les 15 patrons de la distribution et de l'industrie dont LSA et Ineum Consulting viennent de solliciter l'analyse, les quelque 160 dirigeants auprès desquels nous avons recueilli un précieux avis circonstancié et les 800 consommateurs sollicités par ACNielsen pour exprimer leur opinion, n'ont pas, eux, à manier la langue de bois ! Le second baromètre de la grande consommation, dont nous publions cette semaine les résultats (lire pages 28 à 37), confirme le pessimisme des chefs d'entreprise sur les chances de la France de sortir d'une crise où le structurel le dispute désormais au conjoncturel. Ainsi que la perte de confiance, durable, des consommateurs, alors même que l'environnement économique les incite à la plus grande prudence. Le diagnostic est frappant. La confiance des chefs d'entreprise dans le potentiel de croissance de la France s'est totalement retourné en douze mois. Et les consommateurs les rejoignent pour dire que 2004 ne se profile en rien meilleure que 2003, décevante à bien des égards. Les résultats de cette enquête témoignent plus que jamais de la distance croissante entre des professionnels au contact des marchés, des consommateurs enclins à modifier sensiblement leur comportement d'achat, et des pouvoirs publics impuissants à engager les réformes indispensables au rétablissement d'une économie plombée par les déficits, budgétaires et sociaux.

Mesurée à l'aune de la confiance des ménages, la consommation n'aurait guère de perspectives pour 2004. Suspendus à d'hypothétiques mesures gouvernementales, industriels et distributeurs feraient sans tarder les frais de l'attentisme réformateur d'un gouvernement en mal d'inspiration de politique économique et de volontarisme budgétaire. L'enquête LSA-Ineum Consulting-ACNielsen n'en recèle pas moins quelques raisons de ne pas désespérer de 2004. à commencer par l'engagement même des dirigeants d'entreprise à contribuer, par eux-mêmes, au sein de leurs entreprises, à l'amélioration de la confiance. En se donnant tous les atouts pour un retour à meilleure croissance. Si les entreprises donnaient réellement l'exemple, le consommateur pourrait alors ne pas rester insensible. Une démarche « gagnant-gagnant »...

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Article extrait
du magazine N° 1840

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