Gaspillage alimentaire: les distributeurs bientôt interdits de jeter leurs invendus ?

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Dossier Le député PS de la Mayenne, Guillaume Garot, préconise une "interdiction de jeter" pour la grande distribution dans un rapport présenté ce mardi 14 avril sur la lutte contre le gaspillage alimentaire. Une contrainte qui serait lourde de conséquence pour les supermarchés, qui fonctionnement aujourd’hui au cas par cas. 

Dans un rapport présenté ce 14 avril par le député Guillaume Garot, la grande distribution pourrait se voir interdit de jeter leurs invendus à charge pour eux de s'organiser
Dans un rapport présenté ce 14 avril par le député Guillaume Garot, la grande distribution pourrait se voir interdit de jeter leurs invendus à charge pour eux de s'organiser
Vendredi 10 avril, le Sénat a voté à l'unanimité l’autorisation pour les supermarchés de distribuer les invendus alimentaires à des associations, dans le cadre de l'examen du projet de loi Macron. Ce mardi 14 avril, l’autorisation pourrait passer à une obligation. C’est en tout cas ce que préconise le rapport de Guillaume Garot, député PS de la Mayenne. Son rapport, touchant le gaspillage alimentaire du producteur au consommateur, prévoit notamment des mesures fortes pour la grande distribution, avec une série de solutions pour accompagner une stricte "interdiction de jeter" et "interdiction de javelliser" les denrées jetées (pour les rendre inconsommables). "Nous considérons que la grande distribution doit mettre en œuvre différents leviers pour ne plus avoir à jeter", insiste Guillaume Garot. Il faut d'abord une meilleure gestion des stocks et des rayons, en proposant par exemple "des rayons anti-gaspillage avec des produits qui approchent de la date de péremption vendus moins cher". Mais également "donner au consommateur les bonnes informations accessibles et lisibles", sur l'état du produit, poursuit-il.
 
LA GRANDE DISTRIBUTION deja organisee
 
Et si les denrées ne peuvent plus être consommées par les Français, le rapport préconise de nouveaux circuits, vers l'alimentation animale ou la valorisation énergétique à travers la méthanisation. " Le rapport préconise d’ailleurs la création d'une agence nationale contre le gaspillage alimentaire, afin de lever les verrous et les blocages administratifs. Les différents acteurs de la distribution s’organisent déjà et depuis longtemps pour trouver des solutions, avec notamment des actions locales qui dépendent aussi des associations locales. En effet, ces dernières doivent disposer de l’équipement adéquat. « Aujourd’hui, si les enseignes de la grande distribution mettent à disposition leurs invendus, les associations alimentaires n’ont pas les moyens logistiques et financiers pour gérer les produits», constate Nicolas Chabanne, à l’origine du collectif des Gueules cassées.
 
Premier donateur alimentaire 
 
Fabienne Prouvost, directrice de la communication des affaires publiques de la Fédération des entreprises du commerce et de la distribution (FCD), précise n'avoir pas eu encore accès au rapport mais se montre surprise : "la grande distribution est montré du doigt alors qu'elle fait partie des bons élèves pour limiter le gaspillage alimentaire. Et bien gérer nos stocks en amont est la base de notre métier! En Europe, la grande distribution est responsable de 5% du gaspillage, contre 42% pour les ménages, 39% par les industries, et 14% par la restauration. Les chiffres de l'Ademe donne un classement similaire et le chiffre de la grande distribution atteint 6,5%." 
Par ailleurs, Fabienne Prouvost souligne aussi que le premier donateur alimentaire est là encore la grande distribution se distingue avec 31% des dons (le reste provenant à 24% de l'agroalimentaire, 28% de l'Europe, 2,4% de l'Etat Français et 13% des consommateurs). Et de conclure : "pourquoi vouloir instaurer une loi qui pourrait créer des barrières alors que le système fonctionne bien actuellement, et qui pourrait au final avoir un effet contre-productif?"
 

1 commentaire

tomsoleil

14/04/2015 17h28 - tomsoleil

"Un rapport" venant d'un ancien ministre....nouvelle démonstration pathétique du niveau abyssal de la bêtise de nos élus..

1. Les grandes surfaces ont déjà tout intérêt, et la majeure partie d'entre elles le font déjà, à donner leur invendus: moins de taxe ordure/moins d'enlèvements de bennes (économie directe) , et...intérêt fiscal, puisque les dons sont jusqu'à un certain montant déductible de l'impôt!

2. Le rapport suggérerait presque que les gms aime jeter...sans blague, ce sont des entreprises qui ne gèrent pas leur compte de résultat (comme le gouvernement avec notre pays??)..ben non mon bon député Garot, ces sociétés n'aiment pas jeter et font tout pour jeter le moins possible, ce n'est pas la mise en place de "coachs" qui changera quoi que ce soit: probablement le passage le plus risible du rapport. A se demander d'ailleurs si cet homme auteur du rapport ne l'a pas fait faire par un stagiaire.

3. La méthanisation se pratique déjà, depuis de nombreuses années dans certaines grandes surfaces (via des sociétés spécialisés qui enlèvent les bennes). Le rapport propose de donner ce qui peut l être pour l'alimentation animale...vraiment? Le législateur a pourtant tout fait année après année pour arrêter ce qui se faisait...dans le temps...

On nous explique enfin, tout de même, que la restauration jette aussi (leur faudrait t'il des coachs?)..si demain les rayons "destockage" se généralisent dans les gms (adieu les magasins spécialisés), je souhaite aussi des plats à -50% dans tout les resto, surtout dans ceux où nos ministres ont leurs habitudes.

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