Georges Plassat déroule son plan à trois ans

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À l’occasion de l’Assemblée générale du groupe le 11 juin, Georges Plassat a été reconduit sans surprise à la tête de Carrefour. Il a exposé les grandes lignes de sa stratégie pour les trois ans à venir.

Georges Plassat, PDG de Carrefour
Georges Plassat, PDG de Carrefour© © Pierre Vassal

Pourquoi changer une équipe qui gagne ? Devant des résultats incontestables, les meilleurs depuis sept ans, Georges Plassat s’est vu reconduit par les actionnaires à la tête de Carrefour à une majorité écrasante, avec plus de 89% des voix. À mi-parcours, il en a profité pour annoncer… qu’il avait arrêté définitivement de fumer, suite à son accident de santé en janvier. « Un petit coup de chaud », a-t-il expliqué avant de dévoiler les priorités de son second mandat.

D’abord, au cas où on aurait un doute, « poursuivre notre route pour rester un grand distributeur mondial ». À ceux qui s’inquiètent, par exemple, des difficultés de Carrefour en Asie, où le chiffre d’affaires a baissé de 1,8% en 2014, Georges Plassat réitère sa volonté de continuer l’expansion à l’international et de ne pas se retirer de pays comme par le passé. « En Chine, nous avons investi dans un site d’e-commerce. Il nous faut investir régulièrement. En Asie, nous y sommes, nous y restons. » En 2015, Carrefour devrait investir entre 2,5 et 2,6 milliards d’euros, soit plus qu’en 2014 (2,4 Mrds €).

L’Amérique latine, source de profits, et la France seront les deux priorités. « Au Brésil, nous allons accroître la compétition avec Casino. Nous ouvrons des magasins de proximité un peu partout. » Et de promettre des acquisitions avec « notre partenaire local, qui connaît bien la zone », soit Abilio Diniz, l’ex-allié de Casino. Et l’Afrique ? « Nous ouvrons en Côte d’Ivoire cette année », a annoncé le PDG. Multipays, mais aussi multiformat et multilocal.

La feuille de route

  • Accroître la compétitivité en Amérique latine, structurer davantage les achats et réduire les coûts de fonctionnementen Chine.
  • Entrer dans le digital avec plus de force.
  • Garder la bonne image prix retrouvée.
  • Réussir la conversion de Dia d’ici à fin 2016.

« Hybridation »

Reprenant à l’agriculture le mot « hybridation », Georges Plassat n’a pas caché qu’il fallait que Carrefour optimise encore ses systèmes d’information avant de basculer dans une ère plus digitale. « Avoir un maillage local accompagné d’un peu de digital, c’est la meilleure solution. Mais l’avenir de la distribution n’est pas que dans le Big data. Il faut solliciter le client sur ce qu’il n’a pas prévu d’acheter. »

En France, le principal chantier sera de réussir la conversion des 800 Dia en Carrefour Contact. « Le réseau a un avenir. Il faut y remettre du service. » Quant au rôle que pourrait jouer Carrefour sur le mercato de la grande distribution, l’alliance avec Cora semble le satisfaire. Le PDG n’ayant aucune intention de jouer la même partition qu’Auchan et Système U

 

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Article extrait
du magazine N° 2371

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