Georges Plassat, le futur patron de Carrefour, laisse une mauvaise image sociale chez Vivarte selon la CFDT

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Ils se sont croisés pendant neuf ans. Une fois par an, au comité de groupe, Jean-Louis Alfred, coordinateur groupe chez Vivarte pour la CFDT (deuxième syndicat représenté dans le groupe) et délégué syndical central CFDT à la Compagnie européenne de la chaussure (qui rassemble la Halle et Chaussland), voyait Georges Plassat, ex-patron de Vivarte et futur patron de Carrefour. Dans un entretien accordé à LSA, à l'occasion d'une enquête sur le nouvel homme fort de Carrefour, à paraître jeudi 2 février, ce syndicaliste porte un jugement personnel (par ailleurs de nombreux acteurs louent le grand professionnalisme de Georges Plassat) et sévère sur l’homme en tant que patron et sur l’état du groupe. Le successeur, Antoine Metzger, sera présenté aux syndicats de Vivarte le 10 février lors d’un comité de groupe extraordinaire. 

Sur l'action de Georges Plassat chez Vivarte, Jean-Louis Alfred (CFDT) ne mâche en tout cas pas ses mots. Interrogé par nos soins, sur le patron, ses qualités, ses défauts, ses résultats et sa politique sociale dans ce groupe de 22000 salariés, 20 enseignes, 4000 magasins et 3,2 milliards d'euros de CA en 2011 (+4,6 %), le syndicaliste est très virulent : « Superman est parti, l’état social du groupe Vivarte est en ruines », explique t-il en substance avant de développer :

"Je pratique Georges Plassat depuis neuf ans. Pour nous, syndicalistes, c'est un dur en affaires. Il a toujours très peu communiqué avec les salariés. Pour lui, l'humain, c'est une variable d'ajustement. Je comprends pourquoi Arnault est allé le chercher, il est parfait pour faire le sale boulot. Il a toujours considéré les partenaires sociaux comme des emmerdeurs, pour reprendre ses mots à lui (sic), et non comme des partenaires".
"Depuis quelques années, le climat social s'est dégradé chez Vivarte. La redistribution ne fait pas partie du langage de M.Plassat. Aux dernières NAO, il nous a proposé 1,8% d'augmentation, quand le groupe remontait 100 millions d'euros de dividendes sur le dernier exercice (clos le 31 août 2011). Il y a eu un mouvement social à la Compagnie européenne de la chaussure. Celle-ci représente un tiers du bénéfice net du dernier exercice qui atteint 447 millions d'euros au total pour le groupe Vivarte (en fait il doit s'agir de bénéfice opérationnel que le groupe chiffre à 450 millions d'euros pour 2011 dans son dernier communiqué, NDLR), mais n'en tire pas vraiment profit".
"Georges Plassat a contribué à détériorer les conditions de travail : recours plus important au temps partiel (56 % des effectifs aujourd'hui), beaucoup de CDD et d'intérimaires dans les magasins et les entrepôts logistiques. Dans ces derniers, nous avons plusieurs PV d'inspecteurs du travail. Plassat invente le droit et dispose de toutes les ficelles pour appauvrir le social. Exemple : les heures supplémentaires n'étaient pas majorées. Au total, pour le groupe, il y a 1,45 millions d'heures sur les années 2009-2010 qui n'ont pas été majorées. Un salarié Vivarte rapportait au groupe 27 000 euros de bénéfices par an quand un de Carrefour lui rapporte 15 000 euros."
"On ne le regrettera pas. Mais nous craignons une décôte du groupe, surtout avec un financier comme Antoine Metzger. Lui, c’est bien simple, ça fait douze ans qu’il est dans le groupe et on ne l’a jamais vu ! Il nous sera présenté le 10 février, lors d’un comité de groupe extraordinaire. Ce n’est pas un hasard si c’est lui qui devient pdg. Gearges Plassat a gardé ses billes dans Vivarte (plus de 100 millions d’euros) via Novartex (holding du groupe détenue par Georges Plassat, Antoine Metzger, Claude Buffard, patron de la Compagnie européenne de la chaussure et deux autres personnes, NDLR). Il pourra garder un œil sur ses intérêts, d’autant que le groupe est en situation de débouclage de LBO ».
 

1 commentaire

Arnaud

01/02/2012 11h42 - Arnaud

Je suis salarié de cette entreprise depuis 24 ans responsable d'un magasin et délégué syndical. depuis le début des années 2000 j'ai vu le pouvoir d'achat des salariés fondre comme neige au soleil. en 2001 un employé de la halle aux chaussure avait un salaire de 11% supérieure au smic cet année le salaire d'un employé est égal au smic pour les débutants le taux de marge est passée de 2,2 à 3,2 environs sur la même période mon salaire est de 1300€ net comme indiqué plus haut je suis responsable de magasin depuis 1988 et cadre depuis 1989 les rémunération et la politique sociale de l'entreprise c'est considérablement dégradé depuis 2004 date de la prise de pouvoir de Georges Plassat. je souhaite bien du courage aux salariés de carrefour car le sociale et le personnel est le cadet des soucis de ce monsieur.

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