Georges Plassat officiellement nommé à la tête de Carrefour

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Georges Plassat, actuellement PDG du groupe Vivarte, a été désigné comme successeur de Lars Olofsson par le Conseil d'Administration du groupe. Il rejoindra Carrefour, à compter du 2 avril, d'abord comme directeur général délégué avant d'en prendre la présidence à l'issue de la prochaine assemblée générale du 18 juin. Dès le 20 janvier, le site Lsa.fr annonçait ce changement en deux temps.

A l'occasion d'un conseil d'administration de Carrefour qui s'est tenu dimanche, Lars Olofsson a fait part "de son souhait de ne pas demander le renouvellement de son mandat et ainsi de ses fonctions de président-directeur général lors de la prochaine assemblée générale de Carrefour qui se tiendra le 18 juin 2012", a précisé Carrefour.

Georges Plassat a été choisi "à l'unanimité" par le conseil pour lui succéder à cette date. En attendant, il intègrera le groupe de distribution à partir du 2 avril en tant que directeur général délégué.

Sa candidature au poste d'administrateur sera soumise aux actionnaires réunit en AG "à l'effet d'être porté à la présidence du conseil d'administration" dans la foulée, a précisé le communiqué.

Georges Plassat a déclaré "qu’il est tout à fait conscient de l’ampleur de la mission à mener à bien qui nécessitera le concours de toutes les forces vives de l’entreprise", précise le communiqué du groupe.

Cette annonce met fin à plusieurs semaines de conjectures et d'informations de plus en plus insistantes sur l'arrivée de celui qui a redressé en 11 ans le groupe André, devenuVivarte, après avoir exercé ses talents de manager à la tête de Casino, puis de Carrefour Espagne.

On ne connaît pas encore les modalités de la transition entre Carrefour et Vivarte, sachant que Georges Plassat possède 10 % du leader du marché de l’équipement de la personne (plus de 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2010, 22.000 collaborateurs, et plus de 4.500 points de vente en France et dans le monde, via ses 24 enseignes, parmi lesquelles quelques fleurons : André, Kookai, La Halle, Naf-Naf ou Chevignon) dans le cadre d'un LBO mené avec le fonds Charterhouse.
 
Loué pour sa capacité à avoir remis sur les rails un groupe alors en pleine débâcle – il ne lui aura fallu que deux petites années pour permettre à Vivarte de renouer avec les bénéfices – il est peut-être bien l’homme de la situation pour Carrefour. Le constat qu’il dressait pour LSA en 2002 sur sa méthode pour redresser Vivarte sonne en tous cas comme prémonitoire quand aux futurs besoins du numéro deux mondial de la distribution : « Je crois beaucoup à la théorie du changement, expliquait-il. Il faut changer l’état d’esprit, et la clé, c’est de redonner à la société de bonnes bases. Les salariés doivent admettre et comprendre ce qui leur arrive. » En 2008, également, il expliquait dans LSA, sa stratégie pour Vivarte et son organisation qu'il voulait "totalement flexible : chaque filiale dispose de son management, de sa logistique, pilote son marketing et ses achats. Ma philosophie est de décentraliser et de responsabiliser, avec une obligation de reporting mensuel quantitatif et qualitatif, sous forme de business review avec l'état-major. Cela me permet de vérifier si l'équipe en place fonctionne, respire et débat dans un climat constructif"
 
Appliquera-t-il cette méthode dans une groupe beaucoup plus important et beaucoup international que Vivarte ? L'avenir le dira. En attendant, Georges Plassat, ne dépareillera pas au sein d’un groupe qu’il connaît bien, pour y avoir été l’un des cadres dirigeants pendant deux ans : administrateur délégué de Carrefour Espagne, entre 1997 et 1999. Plus globalement, la grande distribution n’a guère de secret pour lui : il a passé quinze ans chez Casino, entré comme directeur du marketing de Casino Restauration en 1982, avant de devenir directeur général de Casino France en 1990, puis président du directoire en 1992. Le tout avant que son ascension dans le groupe Casino ne soit stoppée en 1997 suite à un désaccord avec Jean-Charles Naouri. A l’époque, Georges Plassat voyait grand pour Casino : dans une interview donnée aux Echos, il disait vouloir « construire un groupe de distribution de 200 milliards de francs. » Une sortie qui avait fortement déplu à Jean-Charles Naouri, qui avait dans la foulée réaffirmé sa « volonté de continuité de gestion. »
On va donc revoir le duo à nouveau réuni, mais à travers deux groupes en concurrence frontale ! Un affrontement qui ne déplaira pas, à coup sûr, à cet homme au caractère bien trempé, qui aime les défis.

 

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