Gérard Laloi, président-délégué général de l'Association des brasseurs de France

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LSA - Que pensez-vous de la récente proposition de Roselyne Bachelot d'interdire la vente de boissons alcoolisées aux mineurs ?

Gérard Laloi - Je préfère clairement la prévention à l'interdiction. La loi pose déjà des limites : 16 ans pour la vente de bière, de cidre et de vin, 18 ans pour les autres alcools. Le problème, c'est qu'elle n'est pas appliquée. On imagine mal les caissières contrôler l'identité de chaque acheteur de boissons alcoolisées. Donc, avant de modifier la loi, voyons ce qui peut être fait pour appliquer la législation existante. Avec la FCD, les professionnels des boissons alcoolisées travaillent déjà à une meilleure prévention.

LSA - À l'heure du « binge drinking »*, la prévention est-elle un moyen suffisant ?

G. L. - Regardez. Voici cinq ans, les gens se vantaient d'avoir une voiture superpuissante et de « faire » du 200 km/h. C'est fini grâce à la multiplication des messages de prévention. Aujourd'hui, la même personne passerait pour ringarde. Il vaut mieux créer une prise de conscience des Français plutôt que d'interdire. En Norvège comme au Japon, l'interdiction de boire n'a fait qu'empirer les choses. Les jeunes boivent sous le manteau et font acheter les alcools par leurs aînés. Évitons d'en arriver là.

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Article extrait
du magazine N° 2038

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