GiFi reprend Tati

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Le tribunal de commerce de Bobigny choisit GiFi pour reprendre 109 des 140 magasins Tati, enseigne placée en redressement judiciaire en mai 2017.

Tati est repris par GiFi.
Tati est repris par GiFi.© ©DUARTE Laetitia

Le tribunal de commerce de Bobigny désigne GiFi comme repreneur de Tati, placée en redressement judiciaire au mois de mai 2017. Une décision finalement sans surprise tant GiFi faisait figure de favori, face au consortium formé La Foir'Fouille, Centrakor, Stokomani et Maxi Bazar.

Le groupe fondé et présidé par Philippe Ginestet va pouvoir reprendre 109 des 140 magasins Tati, et ainsi préserver 1428 des 1700 emplois de Tati, une enseigne qui devrait persister au sein du groupe GiFi.

1,2 milliard d'euros de chiffre d'affaires pour GiFi

Reste évidemment une grande question désormais : que pourra faire GiFi – 1,2 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2016, en progression de 9% sur l’année, pour 532 magasins – de cette centaine de points de vente repris au groupe Agora Distribution qui, selon Le Monde, affichait des pertes cumulées de 148,5 millions d’euros pour un chiffre d’affaires de 346,7 millions.

D’abord, GiFi occupe finalement un créneau assez proche, historiquement, de celui de Tati. Pour dire les choses autrement, GiFi connaît le métier du discount et du bazar, même si Tati, depuis quelques années, avait pris le pari d’une montée en gamme, via des magasins plus grands et une offre renouvelée.

Pas forcément une fuite en avant, d’ailleurs. Surtout une décision logique sur le moment, bien vue commercialement mais qui, in fine, s’est avérée par trop drastiques. A fortiori en période de gros temps pour la consommation, avec les attentats de 2015 pour finir d’achever les espoirs du renouveau de Tati…

Tati et sa réponse "XXL" à la crise

La réponse de Tati à la crise fut, dès 2010-2011, de revoir sa stratégie, bouleverser son offre et la présenter dans un concept de magasin plus grand, moins « paupérisant ». C’est ainsi qu’à Thiais avait ouvert, en 2013, son premier magasin « XXL », s’étendant sur 4000 m². Une manière, pour l’enseigne, de chercher à occuper le créneau du « discount qualitatif », en exposant l’ensemble de son offre, et pas seulement la mode.

Un temps, Tati aura cru avoir trouvé la bonne formule. Le chiffre d’affaires, la première année de transformation, bondissait partout de 10% et plus et se maintenait en croissance soutenue en année 2. En 2015, plus de la moitié du parc avait ainsi déjà basculé à ces nouvelles couleurs.

Une nouvelle vie pour Tati

Las, c’est bien dans les années 3 et 4 que la réussite d’un concept s’apprécie vraiment. Ou son échec… Une fois que la nouveauté est passée, une fois que les clients ont repris des habitudes, une fois que l’effet « waouh » a disparu, que chacun a retrouvé ses petits travers… Le magasin est moins bien tenu, les efforts pour le maintenir dans l’excellence se relâchent. Rajoutez les attentats qui ont frappé la France en 2015, vidant pendant de longues semaines les magasins, et comprenez que la moindre faille était vouée à prendre des proportions dramatiques.

A l’heure où la consommation semble vouloir timidement reprendre, cette nouvelle aventure qui commence pour Tati, au sein de GiFi, pourrait s’avérer désormais plus porteuse.

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