Gilets jaunes : le commerce parisien se prépare à un samedi noir

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Les grands magasins parisiens, Galeries Lafayette, BHV Marais, Printemps et Citadium, seront fermés ce samedi 8 décembre 2018, ainsi que trois Fnac et quatre magasins Darty. Certains sur ordre préfectoral, d'autres de leur propre fait. Le commerce parisien se prépare au pire.

Trois Fnac parisiennes seront fermées demain 8 décembre.
Trois Fnac parisiennes seront fermées demain 8 décembre.

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    « Compte tenu des événements qui agitent Paris, veuillez trouver ci-joint un communiqué annonçant la fermeture exceptionnelle demain, samedi 8 décembre, des flagships parisiens Galeries Lafayette Haussmann, BHV Marais et Galeries Lafayette Montparnasse". Au même moment, un peu plus loin, trois magasins Fnac, ceux des Ternes, de Saint-Lazare et des Champs-Elysées, seront également fermés. Le groupe a pris la décision de baisser le rideau aussi de quatre Darty (Ternes, Wagram, Madeleine et Nation). 

    etat de siege autour des champs-elysées

    Ces message sont laconiques, mais ont le mérite d’être clairs. Dans le même mouvement, le groupe Le Printemps déclare faire de même avec ses magasins Printemps de Haussmann, Louvre, Nation et Italie, de même qu’avec les points de vente Citadium de Caumartin, Champs-Elysées, Beaubourg et Nation. Certains magasins, tous ceux situés autour des Champs-Elysées et dans les rues adjacentes, du Palais de l'Elysée aux avenues Montaigne, Matignon et Franklin-Roosevelt, ferment sur ordre de la Préfecture. Le quartier se préparait dès ce matin, les commerçants mettant des panneaux de bois sur leurs vitrines pour ne pas subir le même sort que la semaine dernière. Avaient-ils entendu les recommandations de la Chambre de commerce et d'industrie de Paris (CCIP)? Elle préconise en effet de fermer tous les commerces à proximité des périmètres de protection et de protéger les biens en mettant en place des protections sur les vitres et les façades. 

    Messages en temps réel

    La CCIP recommande également aux commerces de s'abonner au dispositif "cesplussur" mis en place par la Préfecture de police de Paris pour recevoir des messages en temps réel sur l'évolution des événements. "Du jamais vu depuis longtemps, depuis des décennies", assure un distributeur expérimenté. Pour mémoire, certains magasins avaient fermé au lendemain du 7 janvier 2015, jour de l'attentat contre Charlie Hebdo, ou place de la République, lorsqu'ont lieu de grandes manifestations. Mais pas à ce point. Cela apparaît pleinement logique dans le cadre des manifestations prévues à Paris ce samedi. Mieux vaut en effet prévenir que guérir et, avec ces décisions, toutes ces entreprises rejoignent la liste, maintenant longue, des bâtiments publics (musées, écoles...) qui, eux aussi, resteront le rideau baissé demain.

    Une vingtaine de Franprix et monop' fermés

    Le commerce alimentaire n'est pas épargné. Moez-Alexandre Zouari, président de Pro Distribution, principal master franchisé de Casino qui exploite notamment de nombreux Franprix et monop’ dans Paris précise qu'"une vingtaine de nos magasins devraient rester fermés (sur 90 à Paris, NDLR), les autres resteront ouverts mais en alerte absolue, en cas de tensions ils fermeront (...)". Et d'ajouter : "Curieuse ambiance de Noël : nos clients achètent des produits de première nécessité (pâtes, café, eau) plutôt que des produits festifs". Carrefour Proximité indique de son côté qu'il fermera les magasins à la demande de la police.

    Cellule de crise

    Le PDG de Pro Distribution tire les leçons du dernier samedi noir vécu par les parisiens durant lesquels 5 de ses magasins ont été attaqués et un certain nombre d’entre eux pillés. Certains salariés traumatisés ont été pris en charge par la cellule de crise montée par Monoprix, aussi très touchée notamment dans son nouveau flagship des Champs Elysées. Des transports sont prévus pour éventuellement évacuer le personnel qui, la semaine dernière, avait dû rester cantonné dans les points de vente faute de transport en commun dans les quartiers sanctuarisés par les forces de l’ordre. Boulevard Haussmann, ce midi, les salariés, inquiets, préféraient déjà rester chez eux demain plutôt que de revivre le samedi précédent. "Nous avons été évacués vers 13h. Demain, j'aimerais rester chez moi",  raconte l'une d'entre elles. Reste la question du salaire. Seront-ils payés ce 8 décembre comme un jour normal?

     

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