Gilets jaunes : 13,5 milliards d’euros de pertes pour le secteur agroalimentaire ! [Source Ania]

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Les pertes pour l’ensemble du secteur agroalimentaire (20% du chiffre d'affaires global de l’industrie française) pourraient s’élever à... 13,5 milliards d’euros, selon l'Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires), concernant avant tout des PME. Avec, à la clef, pertes de produits, chômage technique, tensions nouvelles avec la grande distribution, difficultés à l’export…

Outre l’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) qui chiffre les pertes pour l’ensemble du secteur agroalimentaire en milliards d’euros, la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France condamne aussi " les exactions commises à Paris". Elle diligentera des actions de recensement et d’accompagnement et appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures utiles pour aider les entreprises victimes et rétablir un climat favorable à l’activité économique.
Outre l’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) qui chiffre les pertes pour l’ensemble du secteur agroalimentaire en milliards d’euros, la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France condamne aussi " les exactions commises à Paris". Elle diligentera des actions de recensement et d’accompagnement et appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures utiles pour aider les entreprises victimes et rétablir un climat favorable à l’activité économique.© Laetitia Duarte

Le titre est alarmant : "blocages des gilets jaunes : les répercussions pour les entreprises alimentaires sont catastrophiques et irrécupérables" clame le communiqué l’Ania (Association Nationale des Industries Alimentaires) publié ce lundi 3 décembre 2018, après le troisième week-end de manifestions et de casse à travers le France. "A l’approche des fêtes de Noël, période fondamentale pour le secteur qui pèse pour 20% du chiffre d’affaires (CA) des entreprises, ces trois semaines de blocages par le mouvement des gilets jaunes mettent en péril la pérennité des entreprises. Les conséquences sont extrêmement lourdes avec plusieurs milliards d’euros d’ores et déjà définitivement détruits". Les pertes pour l’ensemble du secteur agroalimentaire (20% du CA global de l’industrie française) pourraient s’élever à 13,5 milliards d’euros, concernant avant tout des PME. 

Précisions sur les 13 milliards d'euros

Ce chiffre "énorme" de 13,5 milliards d'euros représenterait, selon nos propres sources, plus de 10% des ventes annuelles de produits alimentaires dans le circuit hypers-supers. "Cela correspond à la perte estimée par un panel représentatif de l’ensemble des entreprises agroalimentaires (plus de 18 000 entreprises) depuis le début du mouvement, le 13 novembre et jusqu’à la fin de l’année, justifie le service communication de l’Ania. Par entreprise, nous chiffrons la  perte moyenne à 700 000 euros par entreprise, avec une perte maximale déclarée de 4 millions d’euros !"

Désorganisations et destructions

Et l’Ania de lister les quatre principales conséquences pour les entreprises du mouvement protestataire. D’abord "une désorganisation de la production, avec du chômage technique pour certains sites". Ensuite, "une désorganisation totale dans les relations avec la grande distribution : commandes annulées, coûts supplémentaires à la charge des entreprises avec des demandes de pénalités, des ruptures d’approvisionnement, des retards de livraison et des frais de re-livraison". Et plus précisément "une destruction des produits frais, entraînant un gaspillage alimentaire, dû à une saturation des entrepôts". Et, enfin, "à l’export, des impacts sur la capacité des entreprises à accéder aux marchés étrangers en raison du blocage de nombreux ports".

L’amont et l’aval de la filière concernés

De plus , "au-delà d’un impact irréversible sur les territoires (80% des produits alimentaires sont fabriqués localement), ces blocages pénalisent l’ensemble de la filière. En amont, l’impact est direct sur l’approvisionnement et le stockage en matières premières agricoles. En aval, cela se traduit par une impossibilité de livraison de produits finis vers la grande distribution, qui commercialise 80% des produits alimentaires fabriqués par les entreprises".

Le cri d’alarme du président de l’Ania

Richard Girardot, président de l’Ania s’alarme : "notre secteur est en péril, certaines entreprises ne sont plus en capacité de produire et de livrer. Les conséquences sur le chiffre d’affaires et l’emploi sont irréversibles. Nous demandons aux pouvoirs publics que ces blocages cessent au plus vite et soient de toute urgence qualifiés de force majeure pour limiter l’impact des pénalités logistiques de la part de nos clients distributeurs. Ceci est primordial pour les entreprises, alors que les négociations commerciales qui s’ouvrent s’annoncent particulièrement tendues pour les entreprises, malgré la loi EGALim et la publication des ordonnances que nous attendons pour recréer de la valeur dans nos filières".

Condamnation de la CCI Paris Ile-de-France

Dès dimanche, la Chambre de Commerce et d’Industrie Paris Ile-de-France condamnait aussi "les exactions commises à Paris". Son propre communiqué évoquant le fait que "la ville de Paris a été le théâtre hier de manifestations liées au conflit des « gilets jaunes » qui perturbe l’activité des entreprises, notamment en Ile-de-France. À l’occasion des manifestations d’hier à Paris, des dégradations importantes ont été commises à l’égard des commerces et des entreprises dans plusieurs quartiers de la ville. La CCI Paris Ile-de-France condamne les exactions dont ont été victimes ses ressortissants et souhaite leur exprimer son soutien, qui se traduira par des actions de recensement et d’accompagnement qui se mettront en œuvre dans les prochaines heures. Elle appelle le gouvernement à prendre toutes les mesures utiles pour aider les entreprises victimes d’exactions et rétablir, dans une période de fin d’année cruciale pour le commerce notamment, un climat favorable à l’activité économique".

 

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