Google I/O 2016 : les projets de Google ATAP [Tribune]

TRIBUNE D'EXPERTS L’édition 2016 de Google I/O s'est tenue du 17 au 20 mai 2016. Pour les 10 ans, Google avait vu les choses en grand. Près de 7000 participants sont rentrés chez eux après avoir pu assister à plus d’une centaine de sessions riches d’enseignements sur le futur, vu depuis Mountain View. Voici ce qu'il faut retenir. Par Edouard Bataille, Creative Developer, SQLI.

Edouard Bataille, Creative Developer, SQLI.
Edouard Bataille, Creative Developer, SQLI. © SQLI

Après les annonces très attendues de Firebase et Daydream et les très prometteuses Progressive WebApp, et les plus surprenantes annonces des messageries Allo et Duo, la Google I/0 2016 s’est conclue sur une conférence surprise à laquelle quelques rares chanceux ont eu la chance d’accéder. Nous avons eu le privilège d’assister à cette session dédiée à Google ATAP.
ATAP est la branche R&D de Google. Ces équipes travaillent donc sur des sujets très variés censés dessiner les contours de notre consommation digitale future. Moins portés sur la science-fiction que les fameux Moonshots (la branche R&D de la maison mère Alphabet), les projets ATAP n’en sont pas moins avant-gardistes. Ils cherchent néanmoins à s’ancrer dans la réalité avec des échéances beaucoup plus courtes.
Les 2 premiers projets présentés se nomment Jacquard et Soli. Ils apportent chacun une réponse différente à la même problématique. Au fur et à mesure que les appareils et capteurs se miniaturisent et deviennent "wearable", on se confronte à la réduction de la surface, voire à la disparition des écrans tactiles qui offrent pourtant les meilleures opportunités d’interactions actuelles.

Projet Jacquard
Ce projet de textile intelligent a pris cette année la forme d’une veste conçue en collaboration avec Levi’s. Sur cette veste, seule une manche est "tactile" et l’on doit y brancher un connecteur USB. Ce connecteur permet à la fois d’appareiller la veste au téléphone et sert également de batterie au dispositif.

Une application sur le smartphone vient compléter cet ensemble permettant de configurer la manière dont le téléphone doit répondre aux gestures faites sur la veste. Via une API, les développeurs auront la possibilité d’ajouter leurs propres fonctionnalités.

Avec un tel équipement, on peut donc utiliser ses vêtements comme contrôleur de son téléphone ou d’autres appareils connectés.

La veste Levi’s Commuter sera en vente au printemps 2017 et en beta limitée dès l’automne 2016.

Projet Soli
Soli est un micro-processeur agissant comme un radar détectant des gestures sans même avoir à toucher le device auquel il est connecté. La démonstration est vraiment très impressionnante : Google a réussi à produire une puce suffisamment petite et consommant seulement 0.052w pour rentrer dans une montre.


Non seulement la puce est capable de reconnaître des gestes mais elle est aussi capable de calculer la distance entre votre main et le device. Un développement kit en mode beta sera bientôt disponible pour les développeurs.

Jacquart et Soli offrent donc des pistes très intéressantes pour l’interaction avec les devices d’aujourd’hui et de demain. Il ne s’agit pas de s’équiper de nouveaux gadgets, mais de s’inscrire le plus naturellement dans le quotidien de l’utilisateur en se basant sur les objets qui y sont universellement présents (vêtements, bijoux, etc.). C’est en effet en se faisant discrète que la technologie a paradoxalement le plus de chance de favoriser son adoption.

Projet Ara
Le projet Ara est un smartphone modulaire auquel on peut retirer ou ajouter n’importe quel module (caméra, mémoire, capteurs en tous genres, etc.). Cela se fait très simplement puisqu’il n’y a même pas besoin d’éteindre le téléphone.
Lors de la démonstration, le présentateur a exposé le téléphone et y a ajouté une caméra, puis nous a pris en photo. Il a ensuite utilisé la voix ("Ok Google") pour demander au téléphone de retirer le module de la caméra.
En plus de ses partenaires déjà fabricants de smartphones (Samsung, Sony, …) Google a annoncé de nouveaux partenariats avec des producteurs de capteurs pour avoir encore plus de modules à offrir.

Google Spotlight Stories
Enfin, nous avons pu voir l’équipe de Google Spotlight Stories qui nous a raconté comment Google organise sa production de films en 360 et les techniques utilisées pour raconter des histoires. Et c’est sur le tout nouveau film, Pearl, dirigé par Patrick Osborne (qui a travaillé sur le film court-métrage Disney  Feast) que s’est conclue cette dernière session de la Google I/O 2016. Pour la réalité virtuelle, Google essaie en effet de travailler au maximum avec l’industrie Hollywoodienne. Une industrie en attente d’impulsion sur un marché de la VR que Google cherche justement à éduquer.

Ce que l’on retient de Google ARA et Google Spotlight Stories, au-delà des innovations spécifiques, c’est le mode de développement que poursuit Google. C’est même une recette qui devient une marque de fabrique chez le géant de Moutain View. Comme il l’avait fait avec Android, il ne cherche pas à créer ces marchés tout seul. Il s’appuie sur des partenaires qui vont travailler sur la production de devices et de contenus. Google crée les plateformes de diffusion et les stores qui sont au cœur de ces nouveaux marchés, tout en cherchant à rendre accessibles ses technologies au plus grand nombre. C’est ainsi que Google éduque à coups de lourds investissement et d’évangélisation pour préparer ses futures sources de revenus.

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