Marchés

GRAND FRAIS cultive son état d'esprit marché

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Spécialiste du frais, l'enseigne, née dans la région lyonnaise, essaime partout en France. Le centième point de vente est en ligne de mire, et le succès ne se dément pas.

- Un train d'avance Grand Frais a fait sa force des faiblesses de la grande distribution classique. Un pari que peu auraient osé relever, au début des années 90 : mettre en avant les métiers et le « trad » quand partout, en supers et hypers, on ne jurait plus que par le 100 % libre-service. Si, aujourd'hui, ces derniers en reviennent, Grand Frais, lui, fort d'une bonne quinzaine d'années d'avance, en a profité pour se faire une place. Le 94e magasin vient d'ouvrir à Saint-Maximin, dans l'Oise, et l'enseigne n'en finit pas d'essaimer loin de ses bases de la région lyonnaise : la voilà présente dans 40 départements. Quant au chiffre d'affaires, la barre des 300 millions d'euros aurait été franchie en 2009. Six ans plus tôt, en 2003, c'était à peine 70 M €, pour une vingtaine de points de vente. Une multiplication des ventes par quatre qui parle d'elle-même. « Grand Frais est un concept original et très intéressant, qui prouve, s'il en est besoin, qu'il y a toujours matière à innover dans le commerce », témoigne Philippe Breton, patron de PB Conseil.

- Souvent imité, pas égalé Avec, pour ajouter au mythe, le fait que tous les concurrents, aussi bien Leclerc (Leclerc Frais) que Casino (Marché de Casino) ou Auchan (Les Halles d'Auchan), se sont cassé les dents en voulant s'inspirer du concept. Ce n'est pas faute, pourtant, d'ausculter en détail ce qui se passe dans les allées de Grand Frais. À vrai dire, une idée toute simple : réunir, de manière distincte, les quatre grands métiers du frais. Les fruits et légumes, qui occupent en général la moitié de l'espace, avec plus de 300 variétés de primeurs. Puis la boucherie avec, ô magie, des bouchers qui préparent et découpent la viande sur place. Et, enfin, plus de 1 000 références en crémerie et un vaste étalage pour la poissonnerie. Une petite touche d'épicerie du monde, avec pâtes, condiments, semoules et épices du Maghreb et de Méditerranée, pour couronner le tout. Ajoutez une architecture de bâtiment inspirée des Halles de Paris, avec de grandes arches, donnant à l'ensemble un esprit marché parfaitement dans l'air du temps, et voilà le concept dévoilé.

- Implication collective À la base, un homme, Denis Dumont, grossiste en fruits et légumes, qui crée son propre réseau en association avec des pros de la boucherie. Et qui, surtout, met au point une organisation originale : Grand Frais rassemble des professionnels qui, chacun, managent leur propre personnel, et se répartissent ensuite le chiffre d'affaires en fonction des ventes effectuées en caisse. Ils versent une redevance, proportionnelle à la surface occupée, et gèrent ensemble les espaces communs. Une structure qui a le mérite d'impliquer tout le monde.

Grand frais en dates

1990 Début de l'aventure Grand Frais, créée par Denis Dumont, grossiste en fruits et légumes.

2003 Entrée au capital du fonds 3i, qui investit 14,3 M €. L'enseigne compte alors une vingtaine de magasins, pour 70 M € de chiffre d'affaires.

2007 Déploiement du nouveau concept, marqué par une architecture et un logo plus modernes.

2007 Retrait de 3i, dont les parts sont rachetées par Denis Dumont. Grand Frais pèse alors 250 M €, pour 70 points de vente.

2010 Ouverture du 94e magasin, à Saint-Maximin, dans l'Oise.

En chiffres

94 magasins à mi-juin 2010.

40 départements couverts.

300 M € de chiffre d'affaires en 2009

1 000 m² de surface de vente en règle générale

40 à 50 % de l'offre réservés aux fruits et légumes

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