Grèves pour les premiers euros

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Des mouvements de grève à la Banque de France et à la Poste devraient affecter vendredi la mise en vente des "sachets premiers euros". Plusieurs syndicats ont appelé "symboliquement" les agents de la Banque de France et de la Poste à faire monter la pression sur des revendications pas forcément liées au passage à la monnaie unique. 50 millions de kits euros seront en effet disponibles à partir du 14 décembre pour la somme de 15,25 euros (100 F) au Trésor public, dans les banques, guichets de la Poste, bureaux de tabac et espaces financiers du groupe Carrefour. La "non-prise en compte des revendications du personnel", c'est ce que reprochent à la direction de La Poste cinq syndicats de postiers parisiens, la CGT, FO, SUD, la CFDT et la CFTC, qui appellent à la grève vendredi les guichetiers, comptables, caissiers, agents de maîtrise du réseau grand public parisien. Des préavis de grève ont également été déposés à l'appel d'un ou plusieurs syndicats dans certains départements : Oise, Yonne, Côte-d'Or, Saône-et-Loire, Charente-Maritime, Pas-de-Calais, Haut-Rhin, Bas-Rhin, Vienne, Eure-et-Loir, Val-de-Marne, Jura. Les revendications portent sur des demandes d'embauches, des contreparties financières et une sécurité accrue dans le cadre du passage à l'euro, mais aussi plus généralement les conditions de travail et les "moyens pour un vrai service public". Selon FO Communication Paris, la direction de La Poste Ile-de-France a accordé aux agents lors d'une réunion le 7 décembre, un "bonus euros" sur le paiement des heures supplémentaires ainsi qu'une prime de 152,45 euros (1.000 F) à l'ensemble du personnel du réseau grand public. Mais cette rencontre "n'a pas permis d'éviter la grève et les revendications du personnel restent", poursuit FO, condamnant "le principe du recours aux heures supplémentaires avec dérogations au code du travail, qui est une porte ouverte à tous les abus". Pour SUD-PTT, "si La Poste reconnaît et rémunère les heures supplémentaires, elle n'est pas prête en revanche à reconnaître la surcharge de travail". Les cinq syndicats parisiens se déclarent "insatisfaits" des mesures mises en place par La Poste, soit le renfort de quelque 7.000 personnes supplémentaires (intérimaires, retraités volontaires, CDD), pour un coût total de 58 millions d'euros (plus de 380 millions de F), selon la direction. A la Banque de France, c'est surtout "l'après-euro" qui motive l'appel à la grève de 3 syndicats. Le SNA, la CGT et la CFDT (ensemble, 2 salariés sur 3), demandent "des garanties crédibles et sérieuses sur l'avenir en termes d'activités, d'effectifs et de maintien des structures". Ces syndicats jugent la Banque "seule responsable de l'absence d'un véritable dialogue social". Le SNA (1er syndicat, 35% aux élections professionnelles) évoque un "coup de semonce" et veut "prendre à témoin, avec la symbolique de la sortie des kits euros, le gouvernement et la collectivité", afin, dit-il, que "notre gouverneur, Jean-Claude Trichet, nous entende". "Nous voulons réussir l'euro, car il n'est pas une parenthèse pour notre institution, mais un challenge que nous relèverons bien mieux avec un horizon dégagé", conclut le SNA. 
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