Groupe André espère réduire ses effectifs sans licencier

Dans l'état-major de Groupe André, les simulations vont bon train, en attendant l'ouverture des négociations avec les partenaires sociaux. L'équation à résoudre : réduire les effectifs de l'enseigne André de 400 à 500 personnes, en licenciant le moins possible.

Pour Serge Boyer, le tout nouveau directeur des ressources humaines du groupe, maître d'oeuvre du plan social qui devrait aboutir à la suppression de 400 à 500 postes dans l'enseigne André, précipitation ne rime pas avec efficacité. Ce sociologue de formation prend le temps de déminer le terrain. Car le dialogue social hoquète dans l'entreprise depuis le vigoureux tour de vis donné en 1998 (370 emplois supprimés, 76 magasins fermés).

Après la réunion d'un comité de groupe le jeudi 21 septembre, il a commencé le recensement des possibilités de reclassement internes, et le chiffrage des mesures d'accompagnement. Serge Boyer a pour objectif de recaser une bonne partie des salariés dont les postes seront supprimés. Soit dans d'autres magasins de l'enseigne, soit dans la branche discount où existent encore des possibilités d'embauche. D'ores et déjà, les recrutements ont été gelés.

« Pour une fois, le turn-over endémique des magasins de la périphérie sera bénéfique : on va profiter des départs pour reclasser », analyse un connaisseur du dossier. Parallèlement, le passage aux 35 heures (les négociations viennent à peine de commencer) permettra de préserver certains emplois. Autre levier que Serge Boyer pourra actionner : les départs en préretraite, compte tenu de la pyramide des âges de ce groupe où les quinquagénaires sont légion.

Mobilité interne contre prime de départ

Cohérent sur le papier, ce plan ne sera efficace que s'il emporte la confiance des salariés et de leurs syndicats. Lors du dernier plan social, il y a deux ans, 560 opportunités avaient été recensées au sein du groupe pour 370 suppressions d'emploi. Faute de confiance dans les objectifs, moins d'une centaine de salariés avaient choisi les offres de mutations internes. Les autres avaient préféré encaisser les primes de départ, ou bénéficier de dispositifs publics.

C'est pourquoi l'équipe de Georges Plassat insiste sur les réductions d'effectifs et sur sa nouvelle politique sociale : revalorisation des salaires, redéfinition de certaines fonctions d'encadrement. Encore faut-il vaincre la réticence des salariés à bouger géographiquement. « Le problème ne se posera pas dans les grandes agglomérations, estiment les syndicats. En revanche, dans les régions où les magasins sont isolés, le Sud-Ouest par exemple, il sera difficile de déplacer les salariés dont beaucoup sont à temps partiel et touchent un salaire proche du Smic », analysent les syndicats.

Le chiffrage des mesures ne sera pas connu avant plusieurs semaines. Dans l'intervalle, Serge Boyer aura reçu les partenaires sociaux, qui attendent les comités d'établissement pour faire connaître leurs doléances et soulever des interrogations supplémentaires. Les syndicats craignent notamment que le plan social d'André serve de prélude à des coupes claires chez Orcade et Minelli. Toutefois, ils semblent plus enclins à discuter qu'à faire barrage au projet de Georges Plassat. C'est de bonne augure pour les deux parties.
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Article extrait
du magazine N° 1691

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