Guerre des prix, la distribution sous haute surveillance

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La rentrée s’annonce compliquée pour la grande distribution en ce qui concerne les relations commerciales. Des enquêtes sont menées pour vérifier s’il y a des abus, et les ministres se font menaçants…

L’ouverture dominicale et les relations commerciales figurent dans l’agenda d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui a tenu une réunion de crise, en juillet, au sujet de la guerre des prix.
L’ouverture dominicale et les relations commerciales figurent dans l’agenda d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui a tenu une réunion de crise, en juillet, au sujet de la guerre des prix.© © Luc PERENOM

Arnaud Montebourg va visiblement suivre de très près la grande distribution et le commerce en septembre. Sur son agenda figure, en effet, l’ouverture dominicale, que les commerçants réclament depuis longtemps. Mais il va également suivre les relations commerciales, qui ont donné lieu, en juillet, à une réunion de crise à Bercy, qui a réuni le ministre de l’Économie, mais aussi Carole Delga, ministre du Commerce, Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, Michel-Édouard Leclerc, Jacques Creyssel (FCD), Xavier Beulin (FNSEA), Jean-Philippe Girard (Ania). Au menu, la guerre des prix et l’effet destructeur des comparateurs de prix, que les fournisseurs voudraient réduire au silence. La DGCCRF devait enquêter sur leur « loyauté ».

L’ouverture dominicale et les relations commerciales figurent dans l’agenda d’Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, qui a tenu une réunion de crise, en juillet, au sujet de la guerre des prix.

Michel-Édouard Leclerc, avec son site quiestlemoinscher.com, est particulièrement visé par les lobbys de fournisseurs. Il a d’ores et déjà prévenu qu’il n’est pas question qu’il renonce à son site ou aux publicités ­comparatives qui en résultent. Il s’est d’ailleurs amusé que Bercy utilise lui-même un ­comparateur de prix entre les pompes à essence. Il prévoit toutefois de modifier les contours de son comparateur pour éviter de jeter de l’huile sur le feu pour les filières qui sont les plus exposées. Mais il n’a pas oublié non plus de cibler Xavier Beulin, en accusant l’agriculture de ne pas vouloir se réformer, et dénonçant le « cartel des partisans de l’inflation » qui roule pour « Nestlé, Danone ou Procter & Gamble, qui représentent 80 % de l’offre en magasins », lesquels ne seraient pas précisément de petits fournisseurs.

Moyens de pression

Arnaud Montebourg a cependant menacé la distribution d’amendes administratives et d’assignations s’il s’avérait que la distribution ne respectait pas la loi sur les relations commerciales, applicable depuis le 1er juillet. Selon nos informations, le service national des enquêtes de la ­DGCCRF s’est déjà rendu dans des centrales d’achats pour vérifier le contenu des contrats passés entre fournisseurs et distributeurs. Le ministre a par ailleurs demandé au médiateur interentreprises, Pierre Pelouzet, et au médiateur des relations commerciales agricoles, Francis Amand, de suivre, chacun pour ce qui le concerne, un « agenda visant à faciliter une discussion raisonnée, cohérente, et efficace sur l’ensemble de ces sujets, entre les producteurs, les industriels et les distributeurs ». Les acteurs sont sollicités pour signer un label « fournisseur responsable », que la FCD appelle de ses vœux, mais que de nombreux industriels refuseraient de signer...

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Article extrait
du magazine N° 2330

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