Guerre des prix : le gouvernement tente de calmer le jeu !

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Comme annoncé, Emmanuel Macron, Stéphane Le Foll et Carole Delga ont reçu agriculteurs, industriels et distributeurs au Ministère de l'Agriculture jeudi. Objectif :  convaincre les enseignes de la grande distribution de mettre fin à la guerre des prix. Le gourvernement a également annoncé la saisie de l’Autorité de la concurrence concernant les derniers rapprochements entre distributeurs.

Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, se félicite du "climat apaisé" dans lequel s'est déroulé la table ronde ce matin entre les patrons de la grande distribution et les producteurs.
Emmanuel Macron, le ministre de l'Economie, se félicite du "climat apaisé" dans lequel s'est déroulé la table ronde ce matin entre les patrons de la grande distribution et les producteurs.©

Jean-Charles Naouri, le patron de Casino, et Michel-Edouard Leclerc n’en étaient pas, mais tous les autres, oui : Georges Plassat (Carrefour), Vincent Mignot (Auchan), Serge Papin (Système U). Mais aussi des représentants de la FNSEA, de la FEEF, de l’ANIA et de Coop de France pour tous les industriels de l’agro-alimentaire. Tous convoqués ce matin au Ministère de l’Agriculture. Objectif : calmer le jeu alors que les négos commerciales commencent. En sortant, Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, s’est félicité de ces échanges "apaisés" : "Nous voulons une parfaite transparence et une application des décrets de la loi Hamon, notamment sur la volatilité des prix".

Sortir de la logique de guerre des prix

Un décret d’application paru le 19 octobre stipule en effet qu’en cas de variation des prix dus aux cours des matières premières, les prix doivent être renégociés. Un comité de suivi a également été créé. Enfin, le gouvernement a décidé de saisir l’Autorité de la concurrence sur le rapprochement entre Système U et Auchan d’un côté, et Casino et Intermarché, de l’autre. "Ce n’est pas un regroupement capitalistique, mais nous tenons à ce qu’un esprit de transparence règne et à avoir une vision éclairée sur le sujet", a conclu Emmanuel Macron, aux côtés de Stéphane Le Foll, le ministre de l'agriculture et de Carole Delga, secrétaire d'Etat chargée du commerce.

Outre la saisie de l'Autorité de la concurrence, le gouvernement va mettre en place un comité de suivi concernant notamment l'utilisation du crédit d'impôt compétitivité emploi (CICE). Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a déclaré que le CICE devrait "être employé pour l'emploi et pas pour la guerre des prix". "L'esprit n'est pas d'aller taper les uns sur les autres, il n'y a pas de stigmatisation mais s'il y a des pratiques abusives, elles seront sanctionnées", a affirmé Emmanuel Macron. La grande distribution "a pris des engagements de ne pas utiliser le CICE au service de la guerre des prix", a ajouté Stéphane Le Foll, répétant que la guerre des prix ne menait à rien et qu'elle ne provoquait plus d'augmentation des chiffres d'affaires dans la grande distribution. "Il fallait sortir de la logique de guerre, c'était l'objet de cette réunion. On reste vigilants mais dans une volonté de dialogue", a-t-il conclu.

Philippe Mangin, président de Coop de France, a rappelé dans un communiqué la gravité du contexte nécessitant un soutien des pouvoirs publics pour permettre aux producteurs de mieux s’organiser et développer des filières structurées et plus compétitives. Concernant les entreprises agroalimentaires, « Coop de France est tout à fait ouverte à travailler en amont des négociations commerciales, sur des chantiers opérationnels gagnant/gagnant avec les enseignes de la distribution. Cette main tendue est toutefois conditionnée à des conditions sereines de travail : en effet, les entreprises ne pourront pas être soumises à une pression commerciale insupportable et dans le même temps, s’inscrire dans une démarche de co-construction de l’avenir ».

De son côté, Jean-Philippe Girard, Président de l’ANIA, note dans un communiqué: "La situation actuelle n'est plus tenable car cette guerre des prix n'est bonne pour personne. Nos inquiétudes demeurent à l'approche des négociations 2015. J'appelle tous les acteurs à passer d'une logique du sans pitié à une logique de coresponsabilité, d'une logique de confrontation à une logique de co-construction, d'une logique de dégradation de la valeur à une logique de revalorisation de notre alimentation. Les mots, les engagements que j'ai entendus ce matin n'auront de sens que s'ils sont transmis, appliqués et respectés dans les boxes de négociation. Le comité de suivi des relations commerciales dans la filière alimentaire, annoncé par les ministres et dont nous saluons la création, permettra de mesurer la réalité des engagements ».

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