Hausse du prix des carburants : Barbara Pompili demande aux distributeurs de réduire leurs marges

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 "Je demande aux distributeurs de faire un geste dans cette période difficile en réduisant leurs marges". Cette requête, qui émane de la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili, n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux alors que les marges sur le carburant sont très faibles pour les distributeurs.

La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a formulé cette demande ce 12 octobre face à l'Assemblée nationale.
La ministre de la Transition écologique, Barbara Pompili, a formulé cette demande ce 12 octobre face à l'Assemblée nationale.

C'est une requête qui n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. Alors que la ministre de la Transition écologique Barbara Pompili était interrogée ce 12 octobre 2021 sur la hausse du prix des carburants (le litre de gazole n'a jamais été aussi cher en France), une petite phrase n'est pas passée inaperçue. "Je demande aux distributeurs de faire un geste dans cette période difficile en réduisant leurs marges", a-t-elle demandé soupçonnant d'une certaine façon les distributeurs de profiter de la situation. La ministre de la Transition écologique avait préalablement précisé vouloir "s'assurer dans un premier temps que les distributeurs jouent le jeu" et "qu’aucun d’entre eux ne profitent de la situation pour accroître les prix à la pompe de manière excessive au détriment des Français les plus modestes".

Cette intervention à l'Assemblée nationale n'a pas manqué de faire réagir sur les réseaux sociaux. Les internautes pointent notamment le poids des taxes sur les carburants. 

Une marge d'1 à 2 centimes

Les marges sur les carburants sont très faibles pour les distributeurs. En effet, selon un rapport réalisé en 2012 par l’inspection générale des finances et le conseil général de l'économie, de l'industrie, de l'énergie et des technologies, la marge nette de la grande distribution sur les carburants est de l’ordre de 1 à 2 centimes par litre. La vente de carburant est avant tout un métier de volumes. A titre d’exemple, pour E.Leclerc, le chiffre d’affaires 2019 a atteint 48,2 milliards d’euros TTC et 38,85 milliards d’euros hors carburants. Soit environ 9,5 milliards d’euros de ventes de carburants.

Selon les chiffres de l’UFIP (Union Française des Industries Pétrolières), la part de marché des stations de la grande distribution dans la vente de carburants a atteint 62,9% en 2020 (+0,4 point par rapport 2019) contre 37,1% pour les acteurs traditionnels (type Total, Esso, BP, etc…). Enfin, l'UFIP dénombrait en 2020 : 5303 stations services de la grande distribution en France contre 5857 dans les réseaux traditionnels.
(Source: Ufip)

Quelle est la fiscalité des carburants ?

Le ministère de l'Economie détaille sur son site les taxes auxquels sont soumis le carburant. Tout d'abord, il y a la Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques (TICPE). Puis la Taxe sur la valeur-ajoutée (TVA) de 20 % : elle s’applique sur la somme globale, TICPE comprise. D’autres taxes, indirectes, s’appliquent également. C’est le cas, par exemple, de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Pour information, le gouvernement a gelé la fiscalité sur les carburants en 2018.

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